Formation sur les tireurs actifs: la dernière pratique au Cégep de Granby remonte à cinq ans

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Par Eric Patenaude
Formation sur les tireurs actifs: la dernière pratique au Cégep de Granby remonte à cinq ans
Le 11 novembre dernier, un individu portant une veste pare-balles et ayant des agissements suspects à l'intérieur du Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu avait entraîné un important déploiement policier.  (Photo : (Photo: Canada Français-Laurianne Gervais-Courchesne))

SOCIÉTÉ. Avec les récents déploiements policiers survenus dans les établissements collégiaux de Saint-Jean, Laval (Collège Montmorency) et de Sainte-Thérèse (Collège Lionel-Groulx), la question du niveau de sécurité dans les cégeps est de retour dans l’actualité. Au Cégep de Granby, la dernière fois où les étudiants et les membres du personnel ont été plongés dans un contexte d’urgence extrême dans le cadre d’une pratique de confinement barricadé remonte à cinq ans. Une situation qui devrait être corrigée au cours de la prochaine session, a appris le GranbyExpress.

Hormis la pratique d’incendie orchestrée à l’automne 2022 par le Service de sécurité incendie de Granby, aucun exercice de confinement n’a été fait récemment au Cégep de Granby, a confié le directeur général du Cégep de Granby, Yvan O’Connor.

«La dernière pratique a été faite en 2017 et nous la répétions tous les deux ans. Et là est arrivée la pandémie. Entre-temps, ce qu’on a fait en décembre 2021, c’est qu’on a envoyé par courriel une capsule vidéo qui expliquait les consignes à suivre en cas de tireur actif», a mentionné le DG du collège de la rue Saint-Jacques.

Outre cette vidéo diffusée à l’ensemble du personnel (enseignants, cadres, employés de soutien, etc.) il y a de cela près d’un an, tous les locaux du collège disposent aussi d’une trousse d’information relatant les principales directives à suivre lors d’un confinement.

Mais à la suite des événements qui se sont produits dans trois cégeps de la province en moins d’un mois, Yvan O’Connor convient qu’un rappel des pratiques à adopter en pareilles situations est plus que nécessaire.

«En janvier, lors de la journée du personnel (avant la reprise des cours à la session d’hiver), on va avoir un segment sécurité. De la formation et de l’information vont être données sur ces situations dans un premier temps. Pour ce volet, on compte travailler avec la Police de Granby. Et l’autre volet, ce qu’on souhaite faire, c’est de trouver un conférencier qui va expliquer aux enseignants quel message dire ou quel message ne pas dire aux élèves advenant un confinement», a fait savoir M. O’Connor.

Chose certaine, le personnel et les étudiants doivent s’attendre à devoir vivre un exercice de confinement en bonne et due forme quelque part après le retour du congé des Fêtes, a laissé entendre le directeur en entrevue. «Une pratique à l’hiver, c’est sûr qu’il va y en avoir une. Il reste à déterminer la date.»

Présence policière accrue

Compte tenu des incidents de Saint-Jean et de Laval du 11 novembre dernier, les visites de courtoisie d’autopatrouilles du Service de police de Granby ont été par ailleurs plus fréquentes ces derniers jours dans les environs du Cégep de Granby à la demande d’Yvan O’Connor.

«Dans la séquence des événements (de Saint-Jean et du Collège-Montmorency), j’ai échangé avec le directeur du Service de police de Granby, Bruno Grondin, et je lui ai demandé d’assurer une visibilité pour rassurer les gens bien qu’on n’ait reçu aucune menace», a indiqué le DG.

Le dossier des événements violents des derniers jours s’est en outre retrouvé à l’ordre du jour du congrès de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) qui s’est tenu le week-end dernier à La Malbaie. «Tout le monde s’est senti concerné par les situations préoccupantes et anxiogènes qui se sont déroulées dans les dernières semaines. Pour preuve, la crainte de voir son cégep être le prochain à vivre un tel évènement est omniprésente dans les discussions des délégations présentes au congrès. À un moment où le sentiment de sécurité de la population étudiante au sein de ses établissements est menacé, il était impératif que nous prenions le temps de réfléchir aux mesures à prendre pour garantir à chacun la quiétude d’esprit et un environnement d’apprentissage propice à l’épanouissement», a affirmé Maya Labrosse, présidente de la FECQ.

Selon la FECQ, les plans des établissements pour réagir aux situations violentes devront être revus afin d’inclure des moyens efficaces et fonctionnels de communication pour informer les personnes présentes de la nécessité de se confiner. Elle souhaite également voir le gouvernement du Québec agir pour garantir un sentiment de sécurité sur les campus en offrant notamment du soutien psychologique à ceux et celles qui en exprimeraient le besoin.

Le Syndicat des enseignants et des enseignantes et l’Association des étudiantes et des étudiants du Cégep de Granby n’ont pas répondu à notre requête médiatique.

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