La pénurie de médicaments pour enfants fait encore rage

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Par Abdennour Edjekouane
La pénurie de médicaments pour enfants fait encore rage
 Alors que les pharmaciens reçoivent les produits au compte goute, ces derniers sont souvent obligés de les garder en arrière hors des clients, pour que ceux-ci ne s'y précipitent pas dessus.   (Photo : (Photo: GranbyExpress-Abdennour Edjekouane))

PÉNURIE. PÉNURIE. Alors que le -Québec traverse une grave pénurie de médicaments pour enfants et nourrissons, le personnel pharmaceutique doit «tricoter» sans cesse pour proposer des alternatives à des parents souvent désemparés.

Plusieurs enjeux traversent l’industrie et accentuent ce phénomène de pénurie observé déjà depuis quelque temps. La situation épidémiologique n’aide clairement pas la situation, au moment où les différentes grippes, gastro et Covid font déjà des ravages. Cependant, d’autres enjeux compliquent la situation, comme la pénurie de main-d’œuvre et celle des matières premières. «La pénurie de main-d’œuvre se fait sentir dans toutes les sphères du métier que ce soit la préparation, la livraison et la réception dans les pharmacies (…). On a également eu des contenants qui étaient en rupture de stock, ce qui complique beaucoup la tâche aussi», explique Ann Gladu, pharmacienne propriétaire à la pharmacie Brunet de la rue Conrad, à Granby.

Pour pallier ce problème, les différents responsables de pharmacies doivent souvent bricoler avec les doses d’adultes pour répondre aux besoins des clients. Par exemple, pour faire une dose d’acétaminophène de 400 mg à un enfant, les pharmaciens doivent prendre une demi-pilule pour adulte de 325 mg et une autre demi-pilule de 500 mg. «On n’a pas beaucoup d’options, on subit ça. On travaille fort, on fait des tableaux et on essaie de bien informer les parents. On a beaucoup d’enjeux, notamment les enfants qui n’aiment pas toujours le goût des médicaments, etc.», souligne Mme Gladu.

Contrôler les inventaires

Ce ne sont pas seulement les Advil et les Tylenol qui manquent, en effet, le même phénomène touche également les sirops contre la toux. Alors que les pharmaciens en reçoivent au compte goute, ces derniers sont souvent obligés de les garder en arrière hors des clients, pour que ceux-ci ne se précipitent pas sur le peu de bouteilles présentes. «Ce n’est pas des quantités qu’on peut offrir à toute la communauté. Même si on indique aux clients qu’ils n’ont droit de prendre qu’une bouteille, on est pris avec des chicanes avec les gens qui veulent en acheter 4-5», indique Ann Gladu. «Si on n’en garde pas en arrière, les gens achèteraient toute la tablette. La dernière fois qu’on en a mis sur les tablettes, une madame en a attrapé quatre et ça a créé tout un scandale en avant, on ne veut pas de ça», ajoute-t-elle.

Alors que -Santé -Canada a approuvé l’importation exceptionnelle d’ibuprofène des États-Unis et d’acétaminophène de l’Australie pour accroître l’approvisionnement des hôpitaux, les pharmaciens et leur clientèle doivent quant à eux encore faire preuve de patience avant d’apercevoir la lumière au bout du tunnel. Afin d’éviter ce genre de problème à l’avenir, la pharmacienne propriétaire conseille d’entrée de jeu de faire des provisions quand le moment sera propice. «Il faut que les familles aient un genre de coussin de confort. On en voit plusieurs parents arrivés qui n’ont rien dans leur pharmacie personnelle. Faudrait que les familles aient toujours un sirop Benadryl en cas d’allergie, ou un petit format de Tylenol en cas de fièvre en pleine nuit. Les familles ne prévoient pas toujours les imprévus, et en ce moment, on en manque, donc c’est la grosse panique.»

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