L’allaitement envers et contre tous

Photo de Eric Patenaude
Par Eric Patenaude
L’allaitement envers et contre tous
Anne-Marie Lecours et son conjoint

Mastite, muguet, engorgement, gerçures, vasospasme sont au nombre des complications possibles durant l’allaitement maternel. Parlez-en à Anne-Marie Lecours. La jeune mère de 31 ans et porte-parole de la Semaine mondiale de l’allaitement à Granby est un véritable cas d’étude. En dépit d’un parcours d’allaitement parsemé de problématiques, elle persévère tout de même. Une aventure qui l’amène aujourd’hui à donner à la suivante à titre de marraine d’allaitement.

Née de parents coréens, adoptée par des Québécois à l’âge de neuf mois, Anne-Marie Lecours ne figure pas dans les statistiques d’enfants allaités. Elle découvre l’allaitement à sa première grossesse. Début de l’histoire.

«Je n’étais pas vendue à l’allaitement. Oui, je connaissais les bienfaits, mais ce n’était pas dans les mœurs de ma famille. C’était la bouteille», indique la Granbyenne.

À 27 ans, Anne-Marie Lecours donne naissance à son premier garçon, Lian. Dès les premiers boires, les complications débutent. Gerçures aux deux seins, gain de poids lent chez le nouveau-né, douleurs vives, infection aux seins. Direction Hôpital de Granby pour un traitement antibiotique. Mauvaise réaction aux antibiotiques.

«La totale», dit la mère en riant. «C’était l’incompréhension dans mon entourage. Les gens ne comprenaient pas mon acharnement à vouloir continuer à allaiter. Mais après tout, on se dit que ça va aller mieux. Je voulais connaître un allaitement qui va bien.»

Pour passer au travers de ce premier épisode, elle compte sur le soutien du CLSC et des groupes d’entraide comme Nourri-Source et la Ligue La Leche.

Au deuxième enfant, Anne-Marie Lecours doit conjuguer avec des vomissements de grossesse. Pour un pour cent des femmes, cette complication devient une maladie. «Je suis dans le super un pour cent. En trois jours, je me déshydrate», raconte la mère.

Pour contrer les effets secondaires de la «maladie», elle ingurgite huit pilules par jour de la 6<V>e<V> semaine de grossesse à la première semaine de vie du bébé. Coût de la facture mensuelle en médicaments: 1600$.

À la naissance du petit Miko, l’allaitement difficile survient de nouveau. Et encore des complications avec l’ajout cette fois du reflux gastrique au dossier médical du petit garçon.

L’épisode de l’allaitement pour Anne-Marie Lecours se termine sur une bonne note malgré les embûches de la vie. «Les deux garçons sont en santé. C’est deux petites bombes», mentionne la mère.

«J’ai eu beaucoup de difficultés, mais je m’en suis sortie. Et c’est grâce aux groupes d’entraide. Ils ont été importants pour moi, car j’ai pu passer au travers même si c’est difficile. Il y a des cas pires que moi alors je ne dois pas me plaindre.»

La famille d’Anne-Marie Lecours et de Marc-Antoine Morin pourrait bien s’agrandir dans les prochaines années. Allaitement maternel: oui ou non? Maman Anne-Marie ne s’est pas encore questionnée à ce sujet.

«Est-ce que la troisième grossesse me réserve des surprises? Peut-être. Mais ça se peut que ça se passe bien.»

Après reçu autant d’aide, Anne-Marie Lecours redonne à son tour en s’impliquant auprès de Nourri-Source. L’organisme propose une gamme de services aux mères qui allaitent par exemple l’entraide téléphonique, service de marrainage et halte d’allaitement.

Du 29 septembre au 5 octobre prochain se déroulera la Semaine mondiale de l’allaitement mondial. À Granby, l’événement sera souligné le samedi 29 septembre avec le Grand Défi allaitement présenté à l’école secondaire L’Envolée dès 9h30. Au même endroit, le 3 octobre à 18h15, il y aura une conférence gratuite intitulée «De la préhistoire à votre histoire… à la rencontre du bébé humain.»

 

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