L’Auberge du zoo est illégale

Par Ugo Giguere
L’Auberge du zoo est illégale
Selon un rapport rédigé par deux inspecteurs municipaux

Un rapport rédigé par deux inspecteurs en bâtiment de la Ville de Granby recommande la fermeture de l’Auberge du zoo. L’établissement contrevient à plusieurs règlements municipaux, dont celui d’exploiter un commerce hôtelier dans une zone résidentielle.

Au cours de la séance du conseil de la Ville de Granby, le zoo s’est vu refuser une troisième demande de modification au zonage en huit ans. L’organisme réclame l’inclusion de son gîte à la zone commerciale adjacente et qu’on y ajoute la clause hôtelière. Ces demandes répétées visent à régulariser la situation de l’auberge, dont l’exploitation actuelle est illégale d’après la Ville.

L’enquête des inspecteurs municipaux a été mise en branle à la suite de la dernière demande de modification au zonage en février. Dans le rapport daté du 4 mars 2013, dont GranbyExpress.com a obtenu copie, il est écrit que l’«on compte actuellement (…) neuf chambres en location répartie [sic] en trois suites pouvant fonctionner indépendamment entre elles.»

Ce qui contrevient au règlement sur les gîtes qui sont limités à quatre chambres. De plus, dans la définition de «gîte», la location de chambres doit demeurer un usage secondaire à une résidence unifamiliale.

Pour contourner le règlement, l’institution touristique fournit un appartement au sous-sol à l’un de ses employés. Le hic, ce logis aussi contrevient à plusieurs règlements. La hauteur, la dimension des fenêtres et les issues seraient toutes non conformes aux règles de sécurité incendie d’après le document transmis aux élus.

Les inspecteurs sont d’ailleurs catégoriques dans leur conclusion au sujet de l’appartement. «L’utilisation du logement à la cave devra cesser et celui-ci devra être démantelé», notent-ils.

Le zoo se défend

Confrontée à ces accusations, la directrice générale Johanne Lalumière se défend. «On a toujours loué quatre unités. Avant, on opérait neuf chambres et c’était plus ou moins légal, alors on a muré des portes et on loue seulement quatre unités», explique-t-elle.

Alors qu’elle vient tout juste de quitter son poste, Mme Lalumière veut tout de même clarifier ce dossier avec la Ville de Granby. «Je vais leur présenter nos registres pour leur montrer qu’on ne loue que quatre unités», précise-t-elle.

Mme Lalumière croit que son organisme nage dans une zone grise au sujet de la clause sur les gîtes qui exige une résidence unifamiliale. «On est une personne morale», fait-elle remarquer.

Sur la page d’accueil du site aubergeduzoo.com, on peut lire: «Quatre unités d’hébergement sont mises à votre disposition pouvant accueillir couples et familles».

Cependant, sur la page dédiée aux chambres, on constate que les quatre options offertes totalisent plutôt six chambres. La «Suite familiale» compte «deux chambres avec lit queen», la «Suite junior» compte aussi «deux chambres avec lit queen», les «Suite découverte» et «Suite escapade» offrent chacune une «chambre avec lit queen», en plus de disposer chacune d’un divan-lit.

Johanne Lalumière assure aussi que l’appartement non conforme sera entièrement rénové pour répondre aux critères de sécurité.

Autres infractions

En plus de l’utilisation dérogatoire et de l’appartement non conforme, l’auberge enfreint aussi des règles d’affichage. Les deux enseignes de l’établissement contreviennent aux normes de la zone résidentielle, dénoncent les inspecteurs municipaux.

Pour ajouter à la liste d’infractions, un bâtiment accessoire de l’auberge serait utilisé par le zoo, ce qui constitue un empiètement de la zone commerciale sur la zone résidentielle.

Finalement, l’utilisation de fil barbelé au sommet des clôtures est aussi interdite. Il devra être retiré.

À suivre

Maintenant que la situation est connue et documentée, le directeur du service d’urbanisme, Dominique Desmet, confirme qu’un suivi sera effectué. Bien que l’auberge soit en fonction depuis plusieurs années déjà, il semble que ce soit la première fois qu’un rapport d’inspection fasse état d’infractions. «On ne sait pas depuis combien de temps ils sont non-conformes. On ne peut pas présumer depuis combien de temps c’est comme ça», souligne-t-il.

Granby doit maintenant agir dans le dossier. «Il va falloir qu’ils fassent les correctifs nécessaires. C’est possible que ça aille jusqu’à l’imposition d’amendes, mais encore là, ça ne change pas le fait qu’ils doivent se conformer», conclut M. Desmet.

L’Auberge de la rue Bourget Ouest est toujours en activité malgré que la ville dispose du rapport depuis le 4 mars dernier.

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