Le lac Boivin prêt pour la baignade?

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Par Eric Patenaude
Le lac Boivin prêt pour la baignade?
Depuis 2010, l'OBV Yamaska, en collaboration avec le Centre d'expertise en analyse environnementale du Québec, pond chaque année un rapport d'échantillonnage du lac Boivin pour le compte de la Ville de Granby à partir des prélèvements d'eau ponctionnés aux abords de la fontaine.  (Photo : (Photo: GranbyExpress-archives))

MUNICIPAL. Se baigner dans les eaux du lac Boivin. Réaliste ou futile? Lors de la dernière campagne électorale, l’actuelle mairesse de Granby, Julie Bourdon, avait lancé l’idée d’aménager une plage urbaine et éventuellement d’autoriser la baignade à cet endroit si la qualité de l’eau répondait aux normes en vigueur. Rien n’est impossible, croit Ariane Blier-Langdeau, biologiste à l’Organisme du bassin versant de la Yamaska (OBV).

Or, avant l’arrivée des baigneurs, le lac devra être scruté à la loupe sur une plus grande superficie afin d’avoir une vue d’ensemble sur la totalité des paramètres analysés, estime la biologiste Ariane Blier-Langdeau. 

Depuis 2010, l’OBV Yamaska, en collaboration avec le Centre d’expertise en analyse environnementale du Québec, pond chaque année un rapport d’échantillonnage du lac Boivin pour le compte de la Ville de Granby à partir des prélèvements d’eau ponctionnés aux abords de la fontaine. 

« Tout va dépendre d’une série de facteurs, mais c’est sûr qu’on s’attend à recueillir des données qui vont se  ressembler. À mon avis, ça serait bon de compléter les données que l’on a actuellement avec les données que l’on pourrait recueillir au bord de l’eau durant une année ou deux pour voir si ça ressemble vraiment », indique la représentante de l’OBV Yamaska. 

La présence de plantes aquatiques, la lumière, les courants, la profondeur, l’oxygénation, le type de sédiments sont quelques-uns des facteurs qui peuvent interférer au niveau de la qualité de l’eau, laisse entendre la biologiste. 

La baignade: les critères

Pour les eaux de baignade, la présence de coliformes fécaux (bactéries E. coli) est l’un des principaux critères à observer. À ce chapitre, le lac fait bonne figure avec une moyenne de 17,3 UFC (unité de formation de colonies) par 100 ml, selon le dernier bilan produit en 2020 par l’OBV. Et lorsqu’un échantillon affiche un taux de E. coli entre 0 et 20 UFC par 100 ml, un bassin d’eau douce obtient la cote A. Un niveau qu’a atteint le lac Boivin entre 2017 et 2020, peut-on lire dans le récent rapport d’une cinquantaine de pages. 

La transparence, qui se traduit par la capacité de l’eau à transmettre la lumière, est une autre donnée prise en considération. À ce niveau, l’an dernier, la transparence moyenne du lac Boivin se chiffrait à 2,4 m (stade acceptable) alors que la limite du critère de protection des activités récréatives et esthétiques est de 1,2 m, d’après le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Quant au pH de l’eau, l’OBV n’a pu dresser un portrait clair en raison de divers aléas techniques (données d’une sonde plus ou moins précises, échantillons effectués après un brassage d’eau accidentel, etc.) survenus lors des sorties sur le lac entre juin et octobre 2020. Comme les données présentaient un caractère inhabituel, elles n’ont pas été prises en considération dans les diverses analyses faites par l’organisation. Pour la baignade récréative en eau libre, la norme gouvernementale se situe entre 6,5 et 8,50. Selon le rapport 2020 de l’OBV, l’échantillon du 11 août a affiché le meilleur résultat (6,20) alors que celui du 29 septembre a présenté le pire score (8,76).

« À la hauteur de la fontaine, nos données nous montrent qu’il y a très peu de E.coli. (…). La moyenne du lac est une eau de classe A (excellente) du point de vue des coliformes, mais cette année, on a eu un peu plus de classe D que d’habitude. On n’est pas certain, mais il est possible que ça soit lié à la température (été chaud et sec) », explique Ariane Blier-Langdeau, de l’OBV Yamaska. 

« Un accès à l’eau, c’est toujours un avantage pour une population locale au niveau de la santé mentale, des loisirs et de l’attractivité d’une ville (…). Avoir accès à un lieu naturel, c’est une bonne chose si c’est bien fait », conclut la biologiste.

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