Le manoir Maplewood vendu pour 350 000$

Photo de Eric Patenaude
Par Eric Patenaude

Le manoir Maplewood a finalement trouvé preneur. Offerte sur le marché immobilier, la résidence du maire fondateur de Waterloo, Asa Belknap Foster, appartient désormais à Valérie Arsenau et Martin Bouchard. Les deux restaurateurs des îles-de-la-Madeleine viennent d’acquérir l’imposant domaine de la rue Clark au coût de 350 000$.

Propriétaire du manoir depuis 2000, Charles Guévin comptait s’en départir depuis quelques années. La transaction tant attendue est survenue le 3 juillet dernier alors que le couple Arsenau-Bouchard a officiellement obtenu les clés de la propriété de 205 000 pieds carrés. Début d’une nouvelle aventure pour ses Madelinots devenus Waterlois d’adoption.

«On cherchait un pied à terre en Estrie…quelque chose à rénover. Et on a trouvé le manoir en cherchant sur Internet», indique Valérie Arsenau.

Tombés sous le charme de la maison ancestrale datant de 1865, les nouveaux propriétaires ont entamé les démarches sous les recommandations d’une agente immobilière (amie du couple). «Elle nous a dit que le manoir était en plein le genre de projet que l’on recherchait», avoue Mme Arsenau.

En mai dernier, les futurs acheteurs sont débarqués en terre waterloise pour une visite du manoir Maplewood. Une première secousse pour Valérie Arsenau et Martin Bouchard. «Ç’a été d’une grande tristesse de voir un bâtiment laissé à l’abandon. Un choc. Mais on voulait relever le défi de ramener le manoir a son air des beaux jours», déclare Valérie Arsenau.

 «Le manoir a beaucoup de potentiel», ajoute Martin Bouchard.

Peu entretenu au fil des ans, le manoir Maplewood exigera de grands travaux dans les mois et années à venir pour lui redonner sa forme d’antan. D’ailleurs, lors d’une séance d’information sur la sauvegarde du manoir en septembre dernier, des représentants de la firme Patri-Arch avaient révélé avoir évalué les coûts de rénovation extérieure à 1,8M $. Valérie Arsenau prend cette évaluation avec un grain de sel.

«On va faire le plus de travaux possible par nous-mêmes. On est des tripeux de projet.» Selon la nouvelle maîtresse du manoir, quelques centaines de milliers de dollars seront nécessaires pour retaper le bâtiment dans une première phase.

De son côté, Martin Bouchard voit la restauration du manoir Maplewood comme un plateau de travail intéressant pour des centres de formation professionnelle (électricité, plomberie, menuiserie-charpenterie, etc.) des environs. «On va payer les matériaux», lance-t-il à la blague.

Selon l’évaluation foncière, le manoir Maplewood vaudrait 416 400$. Sur le marché de la revente, le vendeur (Charles Guévin) en demandait 618 000$.

Ouverture d’une auberge

Quitter les paysages du Golfe du Saint-Laurent pour un domaine historique en déclin relève de la folie pour le commun des mortels. Pour Valérie Arsenau et son conjoint, le débarquement de leur famille en Haute-Yamaska vaut le coup. Le duo projette d’ailleurs d’ouvrir une auberge d’une dizaine de chambres dans le gigantesque manoir de style néo-italien.  Un nouveau gîte qui fera doubler l’offre hôtelière à Waterloo dès son ouverture.

«On veut l’exploiter en auberge et dans l’esprit du fondateur. On veut ramener le cadre historique de l’endroit», affirme Valérie Arsenau.

Une fois aménagé dans leur nouvelle résidence, le couple prévoit dès cet automne mettre la main à la bâtisse. Et ce ne sont pas les projets qui manquent au dire de Valérie Arsenau. L’aménagement d’une cuisine commerciale pour accommoder des groupes (séminaires, réunions de travail) serait dans les cartons des propriétaires. «J’ai déjà reçu une demande pour un premier mariage», admet Mme Arsenau.

Malgré la lourde tâche qui les attend, Valérie Arsenau et Martin Bouchard plongent tête première dans ce projet d’une vie avec la ferme intention de redonner au manoir Maplewood ses lettres de noblesse.

«Je suis convaincue qu’on va réussir», assure Mme Arsenau.

Heureux dénouement

L’an dernier, la sauvegarde du bâtiment historique de près de 150 ans a soulevé les passions à Waterloo. D’ailleurs, le conseil municipal avait manifesté son intérêt d’acheter l’immeuble patrimonial. Tour à tour, les tenants et les opposants au projet d’acquisition du site par la Ville se sont fait entendre sur l’avenir de la propriété de feu Asa Belknap Foster.

Le projet de la Ville d’investir 2,3M $ (525 000$ pour la propriété et 1,8M $ pour les rénovations) est finalement tombé à l’eau en octobre dernier. On se rappellera que le conseil municipal s’était retiré du dossier d’achat du manoir Maplewood en raison d’une mésentente avec l’ex-propriétaire Charles Guévin.

Pour le maire Pascal Russell, tout est bien qui finit bien. La maison du fondateur de Waterloo va être préservée. «La beauté de la chose, c’est qu’on a réussi à la sauvegarder parce qu’on en a fait un débat de société. Et c’est ce qui a motivé ce couple à venir chez nous», atteste le maire Russell.

La saga du manoir Maplewood se termine donc sur une bonne note à la grande satisfaction du premier magistrat de la Ville.

«Je suis heureux de la conclusion. Ce sont des gens sérieux dans leurs démarches de par leur dynamisme et leur approche. Juste nettoyer les alentours du manoir, ça va déjà donner du cachet. Le manoir Maplewood, c’est la pierre angulaire des bâtiments patrimoniaux et si on peut les aider…on va être là», conclut le maire Russell.

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