L’effet du coronavirus à Granby: des pharmacies à court de masques

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Par Vincent Lambert
L’effet du coronavirus à Granby: des pharmacies à court de masques
«On n’a plus de masques. C’est en rupture de stock chez tous les fournisseurs, donc, on ne peut pas en commander non plus», a déclaré la pharmacienne Isabelle Pelletier. (Photo : GranbyExpress-Vincent Lambert)

SANTÉ. Bien qu’aucun cas de coronavirus n’ait été signalé dans la région pour le moment, les masques se sont rapidement envolés dans différentes pharmacies de la ville de Granby, a appris le Granby Express. Si bien qu’on parle même de rupture de stock dans certains endroits.

«On n’a plus de masques, confirme Isabelle Pelletier, l’une des pharmaciennes propriétaires du Proxim, situé sur la rue Denison à Granby.  […] Les gens en ont demandé beaucoup. On n’en a plus du tout, c’est en rupture de stock chez tous les fournisseurs, donc, on ne peut pas en commander non plus. On a beaucoup de demandes pour savoir s’il nous en reste. On a eu quelques personnes qui en veulent à la maison au cas où ce serait une épidémie.»

À la pharmacie Brunet de la rue Conrad, c’est le même son de cloche alors que plusieurs personnes ont aussi acheté des masques dans les derniers jours dans le but de ne pas contracter le coronavirus à l’étranger.

«D’après moi, c’est vraiment ce qui influence la pénurie de masques en ce moment, estime la pharmacienne propriétaire Ann Gladu. Les crochets étaient pleins et en très peu de temps, ils étaient vides. La crainte se fait pour les voyageurs qui ont à atterrir ou faire une escale.»

Au Jean Coutu de la rue Principale, des masques se trouvaient encore sur les tablettes au moment d’écrire ces lignes, mais la quantité de l’inventaire n’était pas énorme alors qu’on a remarqué une là aussi une augmentation des ventes.

«On va peut-être avoir des problèmes de pénurie d’inventaires au niveau des masques protecteurs, mais on essaie aussi de trouver des solutions, affirme Jean Provost, l’un des pharmaciens propriétaires. J’espère qu’on va être capable de se réapprovisionner et que les compagnies vont pouvoir nous en fournir d’autres.»

«Les masques vont être utiles dans les milieux où on a des chances d’être en présence de personnes déjà contaminées, mais ce n’est pas tellement le temps encore au Québec. »

Pas de panique

À Granby, on ne sent pas de panique dans la population. L’inquiétude se trouve davantage chez les personnes qui doivent s’envoler à l’extérieur du pays

«Les clients ne posent pas beaucoup de questions sur ce virus-là parce qu’ils ne se sentent probablement pas concernés sauf pour les voyages dans des endroits appropriés ou inquiétants», fait valoir Mme Gladu.

«On sent que c’est encore loin pour les gens qui ont peur que ça s’en vienne ici, ajoute pour sa part Mme Pelletier. Pour l’instant, je n’ai pas eu de consultations de gens inquiets par leurs symptômes. Les gens en parlent parce qu’ils en entendent parler aux nouvelles.»

De son côté, Jean Provost confirme que des gens posent des questions, mais c’est plutôt parce qu’ils ont déjà des symptômes de la grippe ou du rhume.

«Ils veulent aussi, comme ils le feraient normalement, consulter le pharmacien pour être capables de traiter leurs symptômes, admet le principal intéressé. Ils parlent du coronavirus, oui, mais les gens ne sont pas plus inquiets que ça pour tout de suite.»

Sensibilisation

Les pharmaciens de Granby s’entendent pour dire qu’il ne faut pas semer la panique. Loin de là. Cependant, ils n’hésitent pas à sensibiliser leur clientèle à se laver par exemple régulièrement les mains ou bien d’éviter de tousser en direction des autres pour les protéger.

«Personnellement, j’avise les gens pour dire que c’est un virus et que les mesures d’hygiène s’appliquent comme dans n’importe quel virus, explique la pharmacienne Isabelle Pelletier. J’essaie de ne pas faire semer la panique non plus.»

Pour sa part, le pharmacien Jean Provost insiste sur le fait que «ce n’est quand même pas une pandémie à l’heure actuelle».

Les gens se tiennent au courant, fait-il valoir. Peut-être que ça peut aller assez vite et le rôle des pharmaciens est de renseigner et effectivement d’essayer d’être prêt à aider ce que Santé Canada va vouloir imposer ou même le ministre de la Santé au Québec. On en est là pour tout de suite.»

«Ce n’est pas une inquiétude actuellement, c’est une préoccupation, poursuit-il. Pour le moment, ce n’est pas une urgence. On n’en est pas rendu là. Je ne pense pas non plus qu’on est rendu à l’état d’actions, certainement pas de panique en tout cas. Les précautions sont déjà bien prises actuellement.  Pour le moment, c’est de la veille attentive, mais c’est tout.»

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