Les pompiers de Granby en moyens de pression

Les pompiers de Granby en moyens de pression
Depuis le 10 mai

CONFLIT. Le brasier s’envenime entre les pompiers de Granby et la Ville. Après des négociations infructueuses quant à l’imposition d’un taux de présence aux incendies et à la façon de le calculer, les sapeurs se sont retirés de la table et ont demandé l’arbitrage. Afin de manifester leur mécontentement, les combattants des flammes sont récemment passés aux moyens de pression, a appris GranbyExpress.com. Port d’un t-shirt orange flamboyant et manifestations sont au menu.

Sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2012, les pompiers ne s’entendent pas avec la Ville sur l’imposition d’un taux de présence aux incendies, ni sur la manière de le calculer. L’administration municipale a récemment formulé une proposition finale concernant ce point de discussion qui achoppe, une offre refusée à l’unanimité par les sapeurs.

«À nos yeux, la proposition de la ville n’était pas raisonnable et ne reflétait pas le fait que l’on soit des pompiers à temps partiel. […] Où on avait un problème, c’est dans l’interprétation des calculs. Les pompiers n’ont pas le loisir de démontrer de la bonne foi. Si l’employeur me dit que je ne suis pas assez présent, le réflexe normal serait d’essayer de remplacer certains collègues qui ne sont pas disponibles comme ça l’employeur va me voir plus souvent. Mais dans les calculs de la Ville, quand je remplace, ça ne compte pas», explique Sylvain Piteau, président de la section locale Granby du Syndicat des pompiers et pompières du Québec.

Malgré le rejet de cette proposition, deux autres rencontres de négociations ont été tenues entre les partis. Les pompiers se sont toutefois retirés des procédures, disant que l’employeur manquait d’ouverture et refusait «catégoriquement» chacune des demandes. «On avait le désir de négocier de bonne foi le reste de la convention. […] On a décidé de casser la table et d’envoyer ça dans les mains d’un arbitre», poursuit M. Piteau.

Invité à réagir, le maire Pascal Bonin a donné la parole au conseiller municipal Jocelyn Dupuis, responsable du dossier des finances et des ressources humaines. Ce dernier a précisé que «l’employeur ne négociera pas sur la place publique» et indique qu’il n’y avait pas d’ouverture à négocier du côté des pompiers. Il espère toutefois pouvoir compter sur la présence des combattants advenant un feu. «Ce n’est pas grand-chose ce que l’on demande. Ils le font déjà, mais on le veut par écrit», soutient-il.

Moyens de pression

Une fois la demande d’arbitrage formulée, les pompiers ont adopté une résolution en assemblée pour débuter des moyens de pression. Depuis le 10 mai dernier, les sapeurs portent un flamboyant t-shirt orange sur lequel le slogan «Un taux imposé… POUR CONGÉDIER!!!» y est inscrit. «À la suite des calculs qu’on a faits, il y a pratiquement le quart des effectifs qui sont à risque de se faire congédier. C’est énorme!»

«On a déclenché ces moyens pour faire comprendre à notre employeur qu’on n’est pas d’accord avec sa position et qu’on veut négocier de bonne foi», précise le président du syndicat.

N’ayant pas le droit à la grève en vertu du Code du travail, les pompiers se concentrent sur des moyens de visibilité. «On a le chandail orange. Il va y avoir des sorties publiques et des manifestations. On a essayé de parler avec l’hôtel de ville. Visiblement, l’administration Bonin ne veut pas nous parler pour ne pas se mêler de notre conflit. On s’est dit que s’ils ne veulent pas nous entendre, ils vont nous voir!»

Même service

Sylvain Piteau souhaite rassurer la population. «En aucun temps, le service aux citoyens ne va être réduit, même si on fait des moyens de pression. On a à cœur le citoyen de Granby. On a à cœur le Service incendie. Notre intention est d’améliorer notre sort. On ne veut pas nuire au service», soutient-il.

«Les pompiers de Granby font un très bon travail. Nous sommes très satisfaits. S’ils font des moyens de pression, ce n’est pas bon pour la ville, mais c’est leur droit. Ils doivent cependant suivre les règles. C’est sûr que l’on va les surveiller. Les camions sont des biens publics. Il va falloir qu’on sévisse si ça dépasse l’entendement, mais on comprend qu’ils veulent se faire voir auprès des citoyens», conclut M. Dupuis.

 

 

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