L’hôpital de Granby rappelle 172 patients à risque d’infection

En raison d’un risque d’infection relié au nettoyage inadéquat d’un instrument utilisé lors de certaines chirurgies de remplacement total de la hanche, l’hôpital de Granby a procédé, cette semaine, au rappel de 172 patients. Si le risque d’infection est jugé faible, ceux-ci doivent se soumettre à un prélèvement sanguin pour dépister la présence de deux des virus hépatiques et du VIH.

Les patients rappelés ont subi une chirurgie de la hanche entre octobre 2005 et janvier 2012. «Seuls les patients qui ont subi une chirurgie pour une prothèse de hanche métal sur métal sont concernés», indique Rémi Brassard, directeur général par intérim du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Haute-Yamaska.

Il est important de préciser que les 172 usagers visés ont déjà été contactés par les autorités médicales. «80% ont déjà pris un rendez-vous pour un dépistage en plus d’avoir une rencontre individualisée avec une infirmière», ajoute M. Brassard. En plus de cet appel, les patients concernés recevront une lettre officielle, qui a été postée mercredi soir.  

«Si un patient a subi une opération de la hanche et qu’il n’a pas été contacté, cela veut dire qu’il n’est pas concerné par le rappel», poursuit Denis Dubé, directeur des communications et des relations publiques au CSSS de la Haute-Yamaska.  

Puisqu’il est difficile de circonscrire une période précise, les autorités médicales ont choisi de procéder à un rappel général, c’est-à-dire de cibler le moment où cet instrument a commencé à être utilisé (octobre 2005) jusqu’à la découverte dudit problème (janvier 2012).

Risque faible

C’est lors d’un audit, en janvier 2012, que la stérilisation inadéquate des plaques d’impaction, un instrument utilisé lors des opérations visant à installer une prothèse de la hanche, a été relevée. L’instrument aurait dû être démantelé pour assurer une stérilisation adéquate. Or, «la pièce n’était pas démontée, mais elle était stérilisée», indique le Dr Michel Poirier, directeur des Services professionnels au CSSS de la Haute-Yamaska. Il souligne d’ailleurs que ce rappel ne remet pas en cause la qualité de la prothèse.

Dès cette découverte, le CSSS a pris les mesures pour corriger la technique de stérilisation. Ensuite, une évaluation des risques d’infection a été faite par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). «Nous évaluons le risque faible, mais en présence d’incertitudes scientifiques, notamment pour le virus de l’hépatite B, et par principe de précaution, nous recommandons un rappel et un dépistage des trois virus hématogènes : le virus de l’hépatite B et de l’hépatite C ainsi que le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) pour les patients potentiellement exposés à l’utilisation des plaques d’impaction en question», écrit, dans une lettre datée du 20 février 2014 et adressée au CSSSHY, la chef d’unité scientifique de la Direction des risques biologiques de l’INSPQ, Anne Fortin.

Les 172 patients doivent donc se soumettre à un prélèvement sanguin et recevront les résultats dans la semaine qui suit via téléphone, mais aussi par écrit.

Enquête

Si la priorité du CSSS de la Haute-Yamaska était de prendre contact avec les patients, l’heure est maintenant à l’enquête. «Tout instrument qui entre dans l’hôpital vient obligatoirement avec un mode d’emploi de stérilisation. On est en train d’enquêter. Lorsque cette situation a été mise au jour en 2012, on sait que l’on n’avait pas en notre possession ce mode d’emploi là. Maintenant, on est à regarder ce qui est arrivé avec ce mode d’emploi. A-t-il déjà existé?», poursuit le Dr Poirier. Santé Canada et le fournisseur, la compagnie Biomet, ont également été informés de la situation. 

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