Micro-prêts… méga intérêts

Par Ugo Giguere

Janvier est arrivé et avec lui s’annonce la facture du temps des Fêtes. Devant l’ampleur des sommes à rembourser, certains peuvent être tentés par des raccourcis et plusieurs entreprises de micro-prêts les attendent avec le sourire. Il faut toutefois se méfier des propositions alléchantes qui peuvent s’avérer très coûteuses avec des taux d’intérêt de plus de 200%.

Dans la région seulement, trois entreprises de prêts rapides sont en opération. Que ce soit dans les petites annonces des journaux ou sur le web, elles sont bien visibles pour faire valoir leurs propositions de «500$ et plus» et d’«aucun crédit refusé».

Argentdirect.com, Argentrapide.com et Financière MBO, ont toute une adresse d’affaires à Granby selon le registre des entreprises du Québec. Avant de contracter un prêt rapide, il faut d’abord s’assurer que l’entreprise qui vous offre ses services détient un permis de prêteur d’argent auprès de l’Office de la protection du consommateur (OPC). Afin de contourner cette obligation, plusieurs entreprises se présentent comme des firmes de courtage.

Elles agissent donc comme courtier entre le prêteur, qui se doit d’être accrédité, et le client. C’est le cas des trois entreprises mentionnées précédemment. À l’OPC, on indique par contre que le dossier d’Argentdirect.com «est à l’étude».

Parmi les nombreuses entreprises qui s’affichent dans la région, seule Crédit Yamaska détient un permis de prêteur auprès de l’OPC. Les bureaux de cette compagnie sont situés à Saint-Hyacinthe.

Isabelle Chicoine, de l’Association des coopératives d’économie familiale (ACEF) de la Montérégie-Est, est bien au fait de ces pratiques. «On s’est rendu compte que le phénomène prenait de l’ampleur il y a deux ans. On a eu une alerte de l’Office de la protection du consommateur. Il y avait six compagnies sous enquête», affirme-t-elle.

Des taux d’intérêt gourmands

Comme le souligne Mme Chicoine, le prêt sur salaire est un dernier recours. «C’est souvent parce que les autres possibilités ne fonctionnent pas. Les gens sont pris au dépourvu, ils vont prendre ce qui passe», précise la consultante budgétaire.

Malheureusement, «ce qui passe» peut coûter très cher. Si les taux affichés sur les sites web indiquent des maximums de 32% ou 34% annuellement, ils n’incluent pas les autres frais liés au prêt.

«À plus de 35% c’est légal, mais on peut considérer ça exagéré. Il y a un flou juridique qui fait qu’on n’encadre pas suffisamment bien le prêt d’argent», mentionne la représentante de l’ACEF.

Selon le Code criminel, le taux d’intérêt maximal annuel est fixé à 60%. Au-delà de cette limite, la transaction peut être qualifiée de prêt usuraire. Lorsque l’on inclut les «frais de courtage» dans le remboursement total, les taux d’intérêt totaux atteignent pourtant des sommets de 230% chez Argentrapide.com à 284% chez Argentdirect.com.

Prêts de dépannage

Afin de venir en aide à des gens qui ont déjà la ceinture bien serrée et qui font face à une dépense urgente, l’ACEF offre une solution alternative. «Depuis une dizaine d’années, on offre des prêts de dépannage avec Desjardins à 0% d’intérêts», indique Mme Chicoine.

L’autorisation n’est toutefois pas «automatique», les candidats doivent être ciblés par l’organisme et démontrer un besoin urgent pour un problème automobile, l’achat de lunettes ou une intervention dentaire par exemple.

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