Moins de six mois d’attente pour 90% des patients

Votre santé n’attend pas en Haute-Yamaska. Sur les quelque 1112 patients en attente d’une chirurgie depuis le début de l’année, 90,7% d’entre eux patientent depuis moins de six mois sur le territoire du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de la Haute-Yamaska, révèlent des statistiques obtenues via la Loi sur l’accès à l’information. Seuls huit patients inscrits sur la liste attendent depuis plus d’un an.

Du 1er janvier au 22 août 2012, 1 112 patients attendaient pour subir une intervention chirurgicale au CSSS de la Haute-Yamaska. De ce nombre, 1 008 usagers attendaient depuis six mois et moins, soit une proportion de 90,7%, soit la cible du ministère de la Santé et des Services Sociaux. Pour cette même période, 66 usagers inscrits sur la liste patientaient depuis six à neuf mois, tandis que ce chiffre passe à 30 patients pour un délai de neuf à douze mois. Enfin, huit personnes figurent sur la liste depuis un an. La plus longue attente – entre douze et 18 mois – ne concerne qu’un seul individu qui doit subir une chirurgie de la hanche.

En contrepartie, 1 902 personnes ont été opérées depuis le début de l’année en Haute-Yamaska. De ce nombre, 1 787 (93,9%) l’ont été à l’intérieur d’un délai de six mois. Le temps d’attente moyen se situe à 8,7 semaines.

Du 1er avril 2011 au 31 mars 2012, 5 557 interventions chirurgicales ont été réalisées. De ce nombre, 66 opérations concernaient la hanche et 95 touchaient les genoux. Les chirurgiens ont opéré 1 208 cataractes. Enfin, 2 688 opérations d’un jour ont été réalisées tandis que 1 500 chirurgies nécessitant une hospitalisation ont été exercées.

«Tranquillement pas vite, on s’améliore. Si on regarde nos listes d’attente en général, ça va relativement bien dans l’ensemble des disciplines», note le Dr Michel Poirier, directeur des services professionnels au CSSS de la Haute-Yamaska.

«La situation est acceptable. En nombre absolu, on opère de plus en plus de monde. Même si la liste augmente, il faut regarder les cas qui ont été opérés. Des fois, la liste d’attente peut augmenter même si on opère plus de cas parce qu’il y a juste plus de monde qui arrive sur notre liste d’attente.»

Le vieillissement et l’orthopédie

Globalement, c’est en orthopédie que les usagers attendent le plus longtemps. Ce type d’opération représente 36,5% de l’attente de six mois et plus. «Ce ne sont pas toutes les disciplines chirurgicales qui sont influencées par le vieillissement de la population, dit le Dr Poirier en donnant en exemple la gynécologie. En orthopédie, quand on parle spécifiquement des prothèses, par définition, ce sont des gens âgés. La population vieillissante, ça augmente le bassin de gens qui ont besoin d’une chirurgie.»

Le nombre d’orthopédistes est aussi passé de trois à quatre en mai dernier au CHG. «C’est clair qu’en augmentant les effectifs à quatre, ça va aider sur les délais d’attente», convient le Dr Michel Poirier.

Des attentes explicables

Si des patients attendent sur une liste par manque de disponibilité du chirurgien, d’autres patientent pour des raisons médicales. «Il y a des gens qui ont besoin d’une opération qui se font évaluer par d’autres spécialistes dont des internistes et les internistes peuvent dire que c’est trop risqué de mettre ce patient-là sur une table d’opération. Il faut stabiliser des conditions autres comme des conditions cardiaques ou pulmonaires», mentionne le spécialiste.

Toutefois, ces patients indisponibles, même s’ils attendent toujours dans la réalité, voient leur chronomètre d’attente s’arrêter sur la liste du CSSSHY.

«Pour ce patient-là, il attend toujours. Il peut dire que ça fait deux ans qu’il attend, mais qu’il ait subi d’autres interventions pendant un an pour le rendre apte à sa chirurgie. Oui, c’est de l’attente, mais c’est de l’attente nécessaire.»

Une épuration des listes d’attente est aussi faite assez régulièrement pour être certain d’avoir un portrait réel de la situation. «On le fait aux trois à six mois. C’est la base pour avoir un portrait réel de la liste d’attente.»

Processus d’amélioration

Depuis mai 2012, le ministère de la Santé et des Services sociaux fixe à six mois le délai d’attente «normal». Auparavant, les chirurgies dites ciblées qui comprenaient les opérations de la hanche, du genou et de la cataracte devaient être faites en six mois et les autres opérations devaient être réalisées en un an.

Quant aux chirurgies oncologiques, elle doivent être accomplies en moins de 28 jours.

Dans l’optique de réduire ses délais d’attente, le CSSS de la Haute-Yamaska a mis en place un processus d’évaluation. «On se rend compte que nos processus doivent toujours être revus. On a une approche d’amélioration continue de la qualité. Des spécialistes regardent de la manière qu’on fonctionne. Spécifiquement, on a fait un projet sur la phase préopératoire», indique le médecin.

Avant de pouvoir mettre le pied dans une salle d’opération, le patient doit suivre un processus précis. Requête opératoire à son médecin traitant, tests préopératoires, rencontres avec le chirurgien et des spécialistes, examen d’imagerie médicale font notamment partie du lot. «Il y a beaucoup de choses à regarder avant une opération. Actuellement, on regarde si on gère la phase opératoire de manière optimale», explique M. Poirier. Ce processus d’observation doit se poursuivre jusqu’en décembre.

«On est à mi-chemin. Il y a plusieurs étapes de faites. Je suis persuadé qu’il va y avoir beaucoup de gains.» Le bloc opératoire et la structure établie pour la convalescence et la réadaptation pourraient aussi scrutés à la loupe afin de pouvoir traiter le plus de patients possible.

À titre comparatif, du 1er janvier au 10 août 2012, 648 patients figuraient sur la liste d’attente des chirurgies au CSSS de La Pommeraie. Parmi ceux-ci, 582 personnes attendaient depuis six mois et moins, soit une proportion de 89,7%. Huit personnes figurent sur une liste depuis un an.

 

 

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