Morte écrasée sous un «lift»

La journée de travail a commencé d’une bien mauvaise façon, mercredi matin, chez Sani-Éco. Cynthia Hardy, une employée qui opérait un chariot élévateur a été mortellement écrasée sous son véhicule dans la cour extérieure de l’entreprise de recyclage de la rue Édouard à Granby. La police, le coroner et la CSST enquêtent sur ce décès.

L’accident est survenu vers 8h40. «On a reçu des appels des employés indiquant qu’un accident de travail venait de survenir lors d’une manœuvre avec un chariot élévateur», explique l’agente Caroline Garand, porte-parole du Service de police de Granby. Pompiers, policiers et ambulanciers ont été rapidement dépêchés sur les lieux. Malheureusement, l’opératrice du chariot élévateur n’a eu aucune chance. Cynthia Hardy, 35 ans, de Waterloo, aurait été écrasée sous son véhicule après que celui-ci ait basculé d’un quai de chargement, a confirmé un membre de la direction chez Sani-Éco. «Il s’agit d’une mort évidente», a affirmé l’agente Garand, quelques instants plus tard.

Un technicien du Service de l’identité judiciaire de la Sûreté du Québec et un enquêteur du Service de police de Granby sont sur les lieux afin de déterminer les causes et circonstances de l’accident.

La Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) fera aussi une enquête. «On a débuté le processus d’enquête formel ce matin [mercredi]. Les enquêteurs vont sécuriser les lieux et tenter de déterminer les causes de l’accident», indique Héloïse Bernier-Leduc, porte-parole de la CSST. Cette dernière souligne que les inspecteurs vont vérifier les lieux et évaluer différents facteurs. «Ils vont s’assurer que la victime détenait une formation adéquate, que les équipements étaient conformes. Il y a un paquet de facteurs de sécurité», poursuit Mme Bernier-Leduc.

Des employés atterrés

Le visage des employés de Sani-Éco était long, mercredi avant-midi, lorsqu’ils quittaient un à un leur lieu de travail. «Je n’en reviens pas encore. Je connaissais très bien la victime. Le contremaître est venu nous le dire dans la salle de tri. Je n’en reviens drette pas», confie Lise Gaucher, à l’emploi de Sani-Éco depuis 9 ans.

«C’est loin d’être drôle», lance une autre employée avant d’embarquer dans un taxi.

Pierre Bertrand, un collègue de travail de la victime, se dit sous le choc. «Ça fait mal d’apprendre ça qu’une personne que tu connais meurt de même. Je ne sais pas si elle a fait une fausse manœuvre ou si c’était trop glissant, mais elle a pris une débarque», indique l’homme, les yeux dans l’eau.

Un service de soutien psychologique a été mis en place pour les employés. «Il y en a qui rencontre des psychologues. On est soutenu. L’ambiance est terrible», ajoute Mme Gaucher.

Sani-Éco a aussi décidé de fermer son plan de travail pour la journée.

«On a fermé l’usine aujourd’hui. On a retourné le monde à la maison avec des pamphlets pour de l’aide si le besoin se fait sentir, mais pour certains, on a déjà des psychologues. On a réuni tout le monde, on a jasé avec tout le monde et ceux qui n’étaient pas présents, on les a appelés pour les avertir», indique Sylvain Gagné, copropriétaire de Sani-Éco.

Le patron, qui n’était pas sur les lieux au moment du drame, soutient que la victime était une très bonne employée. «On perd une très bonne personne», ajoute-t-il. La victime travaillait pour l’entreprise depuis environ 12 ans. «Elle avait toutes ses cartes, elles étaient conformes. Perdre un collègue de travail, c’est pas mal la pire chose qui peut arriver dans une industrie», conclut l’employeur.

 

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