Pénurie de logements: Granby dévoile sa stratégie pour l’habitation

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Par Eric Patenaude
Pénurie de logements: Granby dévoile sa stratégie pour l’habitation
(Photo : Archives)

MUNICIPAL. Des personnes à la rue; faute d’un toit. Ce scénario vécu dans les grandes métropoles comme Montréal pourrait bien survenir cette année à Granby avec un taux de logements libres de 0,1 %. À l’approche du 1er juillet, la Ville n’entend pas regarder le train passer et se prépare déjà à porter assistance aux personnes qui n’auraient pas déniché un nouveau domicile.

Pour éviter que des citoyens se retrouvent sur le trottoir le 1er juillet prochain, la Ville de Granby déploie un plan d’habitation qui s’articule, entre autres, autour d’un comité d’urgence composé de la mairesse Julie Bourdon, des conseillers Robert Riel et Geneviève Rheault, du directeur général Michel Pineault, du conseiller au développement social à la Ville, Éric Goudreau, et du directeur général de l’Office d’habitation Haute-Yamaska-Rouville (OHHYR), Guy Mongeau. Au cours des prochaines semaines, ce groupe de travail sera à pied d’oeuvre afin de dresser les besoins et le portrait de la situation en matière de pénurie de logements sur le territoire. 

«C’est à partir de ces informations-là qu’on va être capable de bien réfléchir et de déployer de nouvelles stratégies à court, moyen et long terme (…). L’habitation, c’est vraiment ce qui est lié à l’immigration, à la main-d’oeuvre et au développement. C’est la pierre angulaire qui va faire en sorte que les autres enjeux vont avoir des issues différentes si on adresse l’habitation comme une priorité», a indiqué la conseillère municipale et responsable du développement social et de la qualité de vie, Genevière Rheault.

Mais dans un contexte de surenchère et de rareté, la quête d’un toit demeure ardue pour bien des citoyens, peu importe leur situation personnelle. D’ailleurs, une nouvelle ressource (agent de liaison) sera prochainement recrutée par l’OHHYR afin de coordonner les échanges entre les locataires (sans logis, évincés, ménage à risques d’éviction) les promoteurs et les propriétaires immobiliers. Une embauche rendue possible grâce à la participation financière de la Ville qui assumera les frais jusqu’à l’obtention de la subvention du programme Service d’aide à la recherche de logements (SARL).

«On attend que le programme rouvre pour y avoir accès et je pense que rendu au mois de mai, il est temps qu’il le soit», a commenté la mairesse Bourdon.

Projet de 90 logements abordables

Outre le soutien aux locataires, la Ville, par l’entremise de l’OHHYR,  continue ses démarches pour augmenter l’offre de logements abordables. Lundi soir, le conseil municipal a d’ailleurs posé un geste en ce sens en cédant un terrain situé au 80, rue Simonds Sud à l’Office qui projette de construire un immeuble de 90 logements sociaux et abordables pour personnes seules et âgées. Un don de la Municipalité chiffré à 1,3 M$.

Selon le directeur général de l’OHHYR, Guy Mongeau, le nouveau projet envisagé sur la rue Simonds Sud (à deux pas du poste de police) s’apparenterait à l’édifice de la Place Saint-Jacques qui a accueilli ses premiers locataires en août dernier.

Pour aller de l’avant, l’OHHYR espère se qualifier pour le Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ) pourvue d’une enveloppe de 300 M$. Pour l’heure, on est encore loin de la levée de terre du projet, a confié M. Mongeau.

«C’est la première ouverture de projets du PHAQ. Donc, nos références viennent de l’ancien programme, Accès-Logis, dont les délais étaient très longs avant de lever un projet. Là, le désir du gouvernement avec ce programme, c’est de raccourcir les délais et de mettre des logements le plus rapidement possible en place. On est très anxieux de voir si les réponses du gouvernement vont être plus rapides.»

D’autres solutions sont également sur la table, dont le projet de 28 unités abordables pour les familles sur la rue Saint-Georges mené par la coopérative de solidarité Holocie. Admissible aussi au PHAQ, le projet bénéficie à son tour d’une aide financière pouvant atteindre 1,3 M$ de la part de la Ville, soit sous forme d’exemption de taxes ou en argent comptant.

Des mini-maisons

S’inspirant de ce qui se fait ailleurs au pays, la Ville de Granby entend en outre faire de la place aux mini-maisons en les autorisant dans certains secteurs desservis par les services municipaux. Les nouvelles habitations pourraient être aménagées dans la cour arrière d’une habitation existante,  a laissé entendre la mairesse en point de presse.

Quant aux modalités et formalités entourant cette nouvelle mesure innovante, la Ville prévoit prochainement publier des communications officielles qui vont éclairer les citoyens intéressés par l’idée d’édifier une mini-résidence.

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