Plus de 20 000 macarons témoins de 30 ans d’histoire au Québec

Marie-Ève Alarie mbalarie@icimedias.ca

Plus de 20 000 macarons témoins de 30 ans d’histoire au Québec
René Marois est reparti de l'exposition avec un macaron du Musée POP. (Photo : (Photo: Hebdo Journal-Marie-Ève Alairie))

COMMUNAUTÉ. Son tout premier macaron fut celui de la lutte des postiers continue, émis lors de la grève chez Postes Canada en 1975. Ç’aura été le premier d’une impressionnante collection, car René Marois n’a jamais cessé de collectionner des macarons, si bien que le Granbyen en a récolté plus de 20 000 au fil des années.

C’est presque l’entièreté de la collection qui est maintenant exposée auMusée POP de Trois-Rivières.

«Les macarons font partie intégrante de notre culture populaire au Québec. Ce sont plus de 20 000 macarons qui se retrouvent exposés ici. Quand on a reçu la collection en 2015, elle nous a tout de suite intrigués et interpellés. C’est peut-être une exposition inusitée, mais on y déniche des trésors enfouis dans notre mémoire collective», fait remarquer Marc-André Houle, président du conseil d’administration du Musée POP.

Le collectionneur de Granby a fait don de sa collection au Musée POP en 2015. On y découvre un panorama de sujets touchant de près ou de loin à l’histoire du Québec sur une période de 30 ans : langue, religion, activités économiques et sportives, arts et culture, vie politique, etc.

« C’était important pour moi que cette collection ne soit pas liquidée à gauche et à droite. Quand il a su que je souhaitais m’en départir, mon ami qui est président de la société d’histoire m’a dit de contacter le musée à Trois-Rivières, car il avait déjà fait affaire avec l’institution. Je suis vraiment ému de voir l’installation aujourd’hui », confie René Marois qui ne s’attendait pas à voir sa collection exposée un jour dans un musée.

C’est la conservatrice des collections du Musée POP, Nathalie Boudreault, qui s’est rendue chez le collectionneur de Granby à l’époque. Elle a constaté l’ampleur de la collection et son intérêt. «Au départ, on avait prévu faire l’évaluation de la collection et de prendre les macarons les plus importants, mais ça n’avait pas de bon sens de démanteler cette collection. On a donc convenu de tous les prendre. Ils ont été conservés ici pendant plusieurs années. La Direction du musée était ouverte à l’idée de les exposer, alors on a mis la machine en marche », raconte Mme Boudreault.

Des tournois de baseball aux personnages politiques

Les macarons sont apparus en grand nombre au -Québec comme ailleurs après la Seconde Guerre mondiale. Les slogans, couleurs et logos qui s’y trouvaient permettaient aux commerces et regroupements de se distinguer.

Tous les macarons récoltés par René Marois ont été amassés au fil de visites en famille dans différents événements, de virées au marché aux puces et d’échanges avec d’autres collectionneurs. Impliqué dans le syndicat des postiers pendant 22 ans, René Marois a aussi eu l’opportunité de récolter de nombreux macarons auprès de ses confrères.

«On allait partout, se remémore le collectionneur. Mes enfants m’ont beaucoup suivi là-dedans. Une fin de semaine, on partait à Boucherville parce qu’il y avait une exposition, puis dans une autre ville au marché aux puces. Quand on partait en vacances d’été en famille, il y avait des boîtes de macarons dans le coffre de la voiture. On voyait des gens et on faisait des échanges. Nous nous sommes beaucoup amusés. »

Les macarons réunis sur de vastes panneaux entraînent les visiteurs du musée dans de nombreuses régions du Québec. La Mauricie y est représentée également. On y a notamment déniché un macaron des 24 heures de La Tuque et du Pow-Wow d’Obedjiwan de 1984. Parmi les nombreux macarons politiques, on en retrace aussi un de l’ancien premier ministre du Canada, Jean Chrétien, bien épinglé entre le 4e Salon national aéronautique et le Conseil 4246 de La Pomme colombienne de 1980!

«C’est intéressant de voir comme cette collection parle de tous les organismes, incluant les organismes sociaux et de charité. Je pense que les gens vont s’y reconnaître et retrouveront des macarons qui leur évoqueront des souvenirs », souligne la conservatrice des collections du Musée POP.

On peut également découvrir des macarons plus grivois dissimulés derrière un rideau noir dans la salle d’exposition.

L’équipe d’animation prépare actuellement un jeu de cherche et trouve pour la clientèle touristique estivale. Il faudra bien ouvrir l’œil, car avec la quantité de macarons exposés, le niveau sera relevé!

L’exposition Épingler le Québec est accessible gratuitement au -rez-de-chaussée du Musée POP jusqu’au 26 mars 2023.

En rafale

Le plus vieux macaron de la collection : un petit macaron de Maurice Duplessis.

Le préféré de René Marois: «Je dirais celui à l’image de mes parents. En 1986, on a fêté leur 50e anniversaire de mariage. J’avais fait faire 200 macarons avec leur photo. Dans la parenté chez nous, je revois souvent ce macaron épinglé quelque part.»

Le plus difficile à acquérir :  Celui d’Elvis! Je l’avais vu d’un collectionneur à Québec, mais il demandait trop cher. Quelques mois plus tard, on s’est recroisé et il m’a dit qu’il l’avait encore. Cette -ois-là, j’avais assez de macarons pour le payer!»

Des macarons qui ont marqué l’équipe des collections du Musée POP : ceux de Guy Lafleur et de René Lévesque.

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