SOS Braconnage: signalements en baisse de 73% en dix ans

SOS Braconnage: signalements en baisse de 73% en dix ans
Un simple signalement peut faire déclencher une enquête et mener les agents de la faune à émettre des constats d’infraction et même de porter des accusations contre un braconnier. (Photo : GranbyExpress-archives)

En plus d’observer une diminution du nombre de signalements à la ligne SOS Braconnage, le bureau de la faune de Granby est témoin d’une baisse de la qualité de l’information transmise par cette ligne d’information confidentielle. Une situation qui est jugée préoccupante.

Au cours de l’année financière 2010-2011, 276 appels ont été reçus via la ligne SOS Braconnage. L’année suivante, ce nombre est passé à 245, une baisse de 12,6%. En 2006-2007, 372 signalements ont été faits, tandis qu’en 2001-2002, ce chiffre a atteint 425. Depuis, le nombre d’appels a chuté de 73,4%. «En plus d’une baisse dans le nombre de signalements au fil des ans, on constate une baisse au niveau de la qualité des signalements reçus», constate Pierre Fortin, lieutenant responsable des bureaux de Granby et Saint-Jean à la Protection de la faune.

Or, de l’information incomplète lors de signalements complique le travail des agents sur le terrain. «Quand on part avec des informations complètes et précises, ça aide beaucoup. Ce qu’on remarque, c’est qu’on a encore beaucoup de plaintes, mais ça concerne les marmottes, les ratons, les moufettes. Dans la diminution du nombre d’appels, on note une diminution de la qualité des informations propres au braconnage», ajoute le lieutenant Fortin. Seulement pour l’année 2011-2012, 45% des appels, soit 110 signalements, concernaient les animaux importuns (ratons, moufettes, marmottes…).

Un simple signalement peut faire déclencher une enquête et mener les agents de la faune à émettre des constats d’infraction et même de porter des accusations contre un braconnier. Du 1er janvier 2011 au 16 novembre 2011, 300 infractions de pêche et 80 constats de chasse ont été émis par les agents des bureaux de Granby et de Saint-Jean de la Protection de la faune. Et pour la présente année financière, soit du 1er avril au 5 novembre 2012, 149 chefs d’accusation ont été constatés par les agents.

À titre d’exemple, une simple carcasse de chevreuil abandonnée dans un boisé peut être à l’origine de plusieurs scénarios. D’une part, le dossier peut être rapidement clos si le plaignant n’a pas d’autres détails à fournir que cette information. Mais dans un contexte où le demandeur est capable de donner de l’information sur les individus qui l’ont laissé là ou de leur véhicule, l’enquête peut prendre une autre tournure, dont une surveillance. «Les gens minimisent leur information. Souvent, on n’aura rien dans l’année en cours, mais on va continuer à vérifier ces personnes-là l’an d’après. Et si la personne est déménagée dans un autre secteur, on avise nos collègues», explique M. Fortin.

Le guide du parfait appelant

Afin de pouvoir continuer à contrer les actes de braconnage envers la faune, les agents ont besoin d’un maximum d’informations pour pouvoir enquêter sur les infractions commises. Et la majorité de ces informations sont fournies par des citoyens qui sont témoins d’actes suspects. Ils sont invités à communiquer rapidement avec les agents de la faune.

Coup de feu la nuit ou en période d’interdiction, éclairage de nuit, véhicule suspect circulant à basse vitesse la nuit, un individu qui tire du gibier à partir d’un véhicule, un chasseur qui se vante d’avoir tué plusieurs cerfs ou d’avoir enregistré un chevreuil pour un autre, une personne qui abat du gibier pour les autres, un citoyen qui offre de vendre du gibier et autres renseignements concernant des activités de braconnage doivent être signalés à la ligne SOS Braconnage.

Lors d’un signalement, les citoyens sont invités à fournir un maximum d’information sur l’événement tel que la nature des faits, la date et le lieu précis. Une description des suspects (grandeur, âge, cheveux, habillement et autres traits distinctifs) et du véhicule (numéro de plaque, marque, année, couleur, signes distinctifs) est aussi d’une grande aide.

«Une plainte, via SOS Braconnage, permet d’agir plus rapidement dans le temps avec des gestes qui viennent de se faire», enchaîne Pierre Fortin. Mais les agents peuvent aussi enquêter sur des événements qui se sont produits il y a des semaines, voire des mois.

Pour signaler un acte de braconnage en toute confidentialité: 1-800-463-2191.

 

 

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