Sursis d’un an pour la clinique d’accès

Par Ugo Giguere
Sursis d’un an pour la clinique d’accès
Pour être admis à la clinique d’accès

Après un premier engagement financier de deux ans dans le projet de clinique d’accès pour les patients sans médecin de famille, la Ville de Granby prolonge son entente d’un an seulement. Pour le maire Pascal Bonin, il s’agit de la dernière chance d’atteindre les objectifs de départ.

Au moment de lancer le projet, en juillet 2011, le Centre de santé et de services sociaux de la Haute-Yamaska (CSSS) croyait recevoir quelque 5 000 visites par année. L’objectif de la clinique étant d’offrir un suivi médical aux 4 200 citoyens inscrits au guichet d’accès sans médecin de famille.

Deux ans après le lancement, plus précisément 27 mois plus tard, les statistiques démontrent que l’initiative n’a même pas atteint la moitié de son objectif. D’après les données dévoilées dans le compte-rendu au conseil municipal, à peine 4 837 visites et 2 246 patients ont été enregistrés.

Devant ce constat, le maire Pascal Bonin a demandé au conseil de renouveler l’aide financière au projet pour un an seulement. «Ils ne réussissent pas à remplir la commande qu’ils s’étaient engagés à remplir», a-t-il commenté après la séance publique du 3 février.

La Ville de Granby a versé 240 000$ pour les deux premières années de fonctionnement de la clinique. Elle continuera donc d’injecter la somme de 120 000$ pour l’année 2014-2015, mais ce montant pourrait être appelé à changer si la situation ne s’améliore pas.

«Dans la prochaine année, ils vont devoir remplir le mandat, les chiffres qu’ils se sont engagés à remplir. Sinon, soit que la subvention tombera du pourcentage qu’ils ne remplissent pas ou on l’abolira», a déclaré le maire.

Leader recherché

À la clinique d’accès, le président du conseil d’administration, Marc Breton, justifie les résultats par un manque de disponibilité des médecins. La majorité des heures travaillées à la clinique l’ont été par des urgentistes, alors que l’on espérait une meilleure participation des généralistes.

«On espérait que les GMF (groupes de médecine familiale) nous offrent quelques journées de prestations», déplore le directeur général du CSSS Haute-Yamaska Yves Fortin.

Ce dernier reconnaît aussi que l’objectif de départ d’accueillir 4000 à 5000 visites par an était «ambitieux». Malgré tout, Yves Fortin parle d’un succès. «Ces 5 000 personnes qui sont passées à la clinique, ce sont des gens qui n’ont pas eu à passer à l’urgence», souligne-t-il.

L’organisme continue donc sa quête pour dénicher un leader, un médecin qui s’engagerait à pratiquer de façon régulière à la clinique d’accès.

Mission impossible?

Sans la Ville de Granby, qui finance la clinique à 50%, la survie du service ne tiendrait qu’à un fil. Pourtant, la mission de dénicher des médecins disponibles semble presque impossible.

«Tout le monde est déjà débordé. Demander à tout le monde un tour de roue de plus, c’est difficile», estime Dr Michel Poirier directeur des services professionnels du CSSSHY.

Dans le cas des médecins de famille, ils ont déjà un horaire chargé avec leurs patients, en plus de leur charge en clinique sans rendez-vous, ainsi que de leurs affectations en deuxième ligne à l’hôpital.

Pour résoudre l’énigme de la disponibilité des médecins, le CSSSHY tente des approches auprès de médecins retraités intéressés à poursuivre leur pratique quelques jours par semaine. L’organisme espère aussi pouvoir recruter quelques nouveaux diplômés, mais encore là les possibilités sont limitées.

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