Tyler Harrison-Tremblay: de l’atelier de Marie Saint Pierre à Londres

Il travaille pour la réputée designer Marie Saint Pierre et en septembre, il s’envolera pour Londres afin d’étudier dans l’une des meilleures écoles de mode de la planète. À 22 ans, Tyler Harrison-Tremblay compte déjà un impressionnant parcours derrière lui et ce n’est que la pointe de l’iceberg: le Granbyen souhaite faire sa place dans ce milieu très sélect. Et il rêve du jour où les gens vont porter du Tyler Harrison-Tremblay!

Sa passion pour la mode, Tyler Harrison-Tremblay l’a découvert très tôt. «À l’âge de trois ans, ma mère m’a amené magasiner sa robe de mariée. Ça a l’air que j’avais les yeux grands et brillants», raconte le jeune homme.

En 5e année du primaire, il organise son premier défilé. Déjà, Tyler avait la fibre entrepreneuriale transmise par son père, Serge Tremblay, propriétaire de boutiques de sport dans la région et l’homme derrière le Défi têtes rasées de Leucan. «J’ai passé l’année à demander des canettes et à aller les vendre pour avoir de l’argent pour acheter du tissu», se souvient le designer. S’il avait dessiné tous les vêtements de sa collection présentée au Palace de Granby dans le cadre d’un gala organisé par l’école l’Assomption, il avait pu compter sur l’aide des mères de ses amis pour faire les patrons et coudre les morceaux. Quant à ses amis, ils avaient joué les modèles. «J’avais 10 ou 11 ans. Pour moi, ça représentait la plus grosse chose au monde. Je me souviens que j’avais fait des remerciements et que mon père m’avait fait la surprise de monter sur le stage pour me remettre un bouquet de fleurs. C’était huge», confie-t-il.

Tout au long de son adolescence, il a rempli des cahiers de croquis et conçu tant bien que mal des vêtements au fil et à l’aiguille jusqu’à son entrée au Cégep Marie-Victorin.

Meilleur designer technique

Au collège, Tyler Harrison-Tremblay a travaillé d’arrache-pied pour réussir, mais aussi pour rayonner sur la scène de la mode montréalaise. «La technique est déjà assez exigeante avec 9 à 10 cours par session et j’ai fait tous les concours possibles, qui sont en parascolaire.» Et ça a payé. En février 2013, il a été couronné meilleur designer technique au concours Les créateurs mode de demain TELIO!, un concours pancanadien présenté dans le cadre de la Semaine de la mode de Montréal.

«J’étais vraiment content de gagner parce que je pensais que ma plus grande faiblesse était du côté technique. De gagner dans cette catégorie me rassurait un peu», mentionne le jeune designer. Quelques mois plus tard, il a terminé ses études pour se retrouver dans l’atelier de création de la designer Marie Saint Pierre en tant qu’assistant à la conformité. «Je contrôlais la qualité du vêtement. J’examinais toutes les coutures pour voir si tout était parfait», explique-t-il.

À 21 ans, il travaillait pour LA créatrice de mode. Rien de moins. «Il n’y a pas vraiment plus haut au Québec en terme de designers. C’est la designer la plus vendue au Canada!», souffle-t-il.

Après trois mois, il s’inscrit à l’École supérieure de mode de Montréal, affiliée à l’UQAM et il passe de l’atelier à la boutique Marie Saint Pierre afin de pouvoir jumeler études et travail.

S’il a beaucoup appris à l’UQAM, notamment en travaillant avec la designer Ying Gao, son apprentissage n’est pas à la hauteur de ses attentes. «J’ai toujours su que je voulais aller étudier à l’étranger», dit-il. Il s’inscrit donc au Fashion Institute of Technology à New York. «Il ne me restait qu’à envoyer mon portfolio, mais je trouvais que c’était beaucoup d’argent. Je n’étais pas prêt à demander ça à mes parents.» Il retient donc son envoi et l’institution lui envoie une lettre de refus, ce qui n’a pas plu à sa mère! «Elle n’était pas contente. Elle m’a dit qu’ils allaient toujours m’appuyer.» Sachant ça, ses yeux partent de New York, traversent l’Atlantique et se braquent sur l’Europe, plus précisément sur le Royaume-Uni et sa capitale, Londres.

Direction, la capitale de la mode

Le 21 février dernier, Tyler se présente à Toronto, en compagnie de sa mère, où il est convié à une entrevue. SketchBook, vêtements faits, portfolio et autres documents administratifs sont présentés aux intervieweurs. «J’avais vraiment une belle connexion avec la dame qui représentait les écoles de Londres. Elle aimait vraiment mon travail», lance Tyler.

Si bien qu’elle lui donne son programme de choix : Central Saint Martins, la plus prestigieuse école de mode de la planète. «J’étais vraiment sous le choc lorsqu’elle a dit qu’elle voulait me faire rentrer là et elle était choquée parce que toutes les places étaient comblées. Juste de penser qu’elle voulait m’envoyer à Central Saint Martins, c’était un rêve! L’autre dame m’a dit j’espère que tu sais qu’on n’envoie pas directement les étudiants à Saint Martins. C’est très rare!»

Faute de place, Tyler Harrison-Tremblay prendra la direction du London College of Fashion, un réputé établissement où il complètera l’International Preparation for Fashion, un certificat qui le préparera au baccalauréat. «Pendant un an, je vais pouvoir monter un portfolio assez fort pour pouvoir rentrer au Central Saint Martins». Si tout peut changer en cours de route, il compte bien se spécialiser dans la mode féminine. Et là-bas, il peut facilement espérer pouvoir travailler auprès des grands designers de ce monde : Alexander McQueen, Vivienne Westwood, Mary Katrantzou, etc. «Honnêtement, de travailler avec n’importe qui, je serais super content», ajoute Tyler.

Ce dernier compte déménager à la mi-septembre à Londres afin d’être prêt pour le début de son certificat en octobre. Il souhaite ensuite compléter un baccalauréat à Londres. Et après, sera-t-il de retour chez Marie Saint Pierre? «J’ai l’impression d’avoir fait mon expérience locale. C’est tellement enrichissant de travailler avec Marie Saint Pierre. C’est facile d’apprendre parce que c’est comme une petite famille. Je suis confiant de ce que je suis capable de faire. Je vais donc viser une compagnie internationale après mes études», dit-il.

Entretemps, il doit préparer son entrée à l’université londonienne. «Juste le certificat, c’est 10 000 livres (18 500$CAN). Je dois ajouter le logement et la nourriture». Tyler regarde actuellement pour voir s’il est admissible à certaines bourses. Il compte aussi organiser une activité de financement, comme un bal masqué où il y aura un band live… et un défilé!

 

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