Un coup de pouce pour sauver les hirondelles 

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Par Eric Patenaude
Un coup de pouce pour sauver les hirondelles 
En plus du nichoir aménagé au CINLB (notre photo), une seconde habitation pour hirondelles se trouve également au parc Yamaska (à l'angle des rues Cowie et Robinson Sud). Chaque maisonnette permettra d'abriter près d'une trentaine de couples d'hirondelles durant la nidification. (Photo : GranbyExpress-Éric Patenaude)

FAUNE. Pratiquement disparues du paysage, les hirondelles rustiques, bicolores et à front blanc pourraient bien être de retour dans les prochaines années dans la région. Pour favoriser leur réintégration, deux nichoirs adaptés à ces trois espèces ont été récemment aménagés à la suite d’une initiative de la Fondation de la sauvegarde des écosystèmes du territoire de la Haute-Yamaska (Fondation SETHY).

Pour souligner l’arrivée de ces nouveaux domiciles pour hirondelles, la Fondation SETHY avait convié des partenaires impliqués de près ou de loin dans le projet au Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin (CINLB) où l’on retrouve l’un des deux nichoirs. Un rendez-vous symbolique pour rappeler l’importance de prendre soin de l’espèce animale. En déclin depuis 1970 en raison notamment de la perte d’habitats et de la diminution d’insectes, la population d’hirondelles peine à se relever. Selon le Relevé des oiseaux nicheurs, les hirondelles rustiques et à front blanc ont respectivement décliné de 91,3 % et de 86,9 % depuis 50 ans. 

«C’est énorme. Il faut agir sur ça», a déclaré Joaquin Riesgo, biologiste et chargé de projets à la Fondation SETHY.

Construites en bois rustique, les nichoirs sont l’oeuvre de sept jeunes inscrits aux programmes Départ@9 et Commun’école du Carrefour Jeunesse Emploi des Cantons-de-l’Est (CJECE). Sous les conseils de l’ébéniste Julie Langlois, les apprenti ébénistes ont consacré 90 heures à la confection des nouveaux palaces pour hirondelles.

«Le bois utilisé n’est pas plané. Il est plus rugueux pour faciliter l’accroche des nids plutôt que le bois lisse ou le métal. Avec les revêtements de maison (d’aujourd’hui) faits en métal ou en plastique, c’est plus difficile à construire des nids et la plupart du temps, les nids vont tomber (…). On a regardé tout ça avec les spécialistes des oiseaux pour voir ce qui était le plus avantageux pour maximiser la réussite des nichoirs», a mentionné l’ébéniste Julie Langlois.

Présent lors de l’inauguration du nichoir, Raphaël, l’un des ébénistes en herbe du CJECE, était bien heureux d’admirer le produit fini construit de ses propres mains. «Moi, j’ai fait ce nichoir pour la protection des oiseaux rares. J’ai mis beaucoup d’effort dans ce projet», a affirmé le jeune homme. 

En plus du nichoir aménagé au CINLB, une seconde habitation pour hirondelles se trouve également au parc Yamaska (à l’angle des rues Cowie et Robinson Sud). Chaque maisonnette permettra d’abriter près d’une trentaine de couples d’hirondelles durant la nidification.

«Ça peut prendre plusieurs années avant que les hirondelles adoptent une structure parce que les oiseaux qui naissent à un endroit sont vraiment enclins à retourner au même endroit. Ici, ce qu’on espère, c’est que la présence d’une ferme de l’autre côté du boulevard Bouchard, où il y a des hirondelles rustiques qui nichent dans les bâtiments, puisse les inciter à venir ici et là», a indiqué Normand Fleury, du Club d’observateurs d’oiseaux de la Haute-Yamaska.

Deux autres nichoirs feront par ailleurs prochainement leur apparition sur le territoire de la Haute-Yamaska,  l’un à Waterloo et l’autre à Shefford, du côté de la brasserie La Ferme. 

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