Un documentaire pour sensibiliser le public aux enjeux de l’autisme

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Par Abdennour Edjekouane
Un documentaire pour sensibiliser le public aux enjeux de l’autisme
Valérie Banville, la réealisatrice du documentaire et présidente de l'AGDIA. (Photo : Gracieuseté)

DOCUMENTAIRE. Valérie Banville, présidente du CA à l’Association Granby pour la déficience intellectuelle et l’autisme (AGDIA), a porté bien des chapeaux durant sa carrière en étant notamment comédienne et romancière. Ces derniers temps, elle a allumé sa caméra pour réaliser un documentaire sur le parcours d’adultes ayant une déficience intellectuelle (DI) et un trouble du spectre de l’autisme (TSA) à Granby.

Le projet revêt une facette bien personnelle pour la réalisatrice. Celle-ci a décidé de placer son fils Jules, 22 ans et atteint d’une déficience intellectuelle et d’autisme, au centre de ce documentaire pour sensibiliser la population aux enjeux propres a ces personnes, donner la parole à de jeunes adultes en situation de handicap, ainsi qu’à leurs proches. Finalement le documentaire mettra en lumière les réalisations des gens d’ici qui œuvrent depuis plus de 50 ans a une meilleure inclusion des personnes ayant une DI et un TSA dans notre milieu.

 

C’est aussi un combat de société pour la maman du jeune -Jules, qui souhaite avant tout démystifier les enjeux reliés à la maladie mentale. « Je pense qu’on a encore ces espèces de préjugés là dans la société, mais d’une façon qu’on ne veut pas l’admettre, ou qu’on ne voit même pas. Étant une mère d’un enfant comme ça et étant très impliquée, je commence juste à voir l’étendue de tout ça. C’est une façon de voir les choses en les mettant de côté », exprime la réalisatrice.

 

« Je le réalise en voyant toutes les autres communautés qui vont de l’avant et qui font bien d’expliquer ce qu’est être une minorité, mais les personnes handicapées, on les trouve dans toutes les communautés et partout dans le monde. Normalement, on devrait être plus loin que ça dans notre manière d’aborder ça. Comment ça on n’est pas plus avancé dans notre façon de penser ? », s’interroge-t-elle.

 

Même si elle ne détient pas de réponse définitive, Valérie Banville a tout de même un bon début de piste. « Les gens peuvent se mettre en regroupement, manifester et demander les choses à la société et aux gouvernements. Tandis que pour les personnes qui ont un handicap intellectuel, il faut prendre la parole pour elle, mais en même temps sans les infantiliser. C’est ça l’espèce d’équilibre qui est difficile à atteindre. »

Le documentaire – un médium idéal ?

À travers sa démarche, Valérie Banville souhaite également retracer l’histoire des organismes communautaires et de la place des femmes dans la création de tels organismes. En effet, c’est à travers l’histoire du Jardin de Pipo, un ancien centre de loisirs pour déficients mentaux à Granby, que la réalisatrice compte narrer le parcours de cette cause. » C’est important de reconnaitre le travail qu’ils ont fait et les changements qu’ils ont apportés à la société. C’était signifiant à l’époque de fonder le jardin Pipo et d’organiser des activités pour ces personnes-là. Si on n’avait pas ce genre d’initiative à Granby, les personnes déficientes resteraient à la maison et il aurait fallu qu’elles soient accompagnées. Ça participe donc à toute la société « , fait remarquer la réalisatrice.

 

Valerie Banville a découvert le documentaire un peu au hasard. Alors qu’elle se remettait d’un grave accident, cette dernière a décidé de demeurer active en se lançant dans un nouvel apprentissage. C’est alors qu’elle tombe sur des cours en ligne de documentaire offerts par le réalisateur islandais Olaf de Fleur. Pour la présidente de l’AGDIA, qui cogitait déjà pour donner du sens à ses implications, la solution était toute trouvée. Le documentaire était le médium idéal pour présenter un amalgame de tous ses acquis. « Faire un documentaire, c’est une meilleure façon pour mettre en image et transposer ce que ces gens vivent. Mais avec le documentaire, tu es dans l’action, il y a une espèce de présence et de contact physique que tu n’as pas avec l’autre. Et puis j’aime beaucoup faire du montage, c’est comme une autre forme d’écriture », souligne-t-elle.

 

Malgré sa démarche personnelle et la lourdeur du sujet, Valérie Banville demeure consciente des défis qui l’attendent avec la réalisation de ce projet et de sa portée. « Mon défi sera peut-être d’intéresser les gens à ce documentaire-là. Mais s’ils entendent parler ou qu’ils voient des gens qu’ils connaissent, ils vont peut-être s’intéresser. Le défi, c’est de bâtir tout ça et de transmettre ma vision, que tout se tienne et que les gens comprennent le propos » , exprime-t-elle. « Juste le fait d’en parler, c’est déjà un pas vers l’inclusion des personnes handicapées » , conclut Mme. Banville.

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