Une campagne de sensibilisation anti-wax pen

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Par Abdennour Edjekouane
Une campagne de sensibilisation anti-<i>wax pen</i>
De gauche à droite sur la photo: le directeur du CSSVDC Éric Racine, l'agente Marie-Lise Gagné, la coordonnatrice Geneviève Lecours, la dre Isabelle Samson et l'intervenante de Impact de rue Anaelle Depault.   (Photo : GranbyExpress-Abdennour Edjekouane)

CAMPAGNE. C’est dans le cadre de la Semaine nationale de sensibilisation aux dépendances (qui débute le 21 novembre) que la Table Toxico Terrain de la Haute-Yamaska a dévoilé sa nouvelle campagne de sensibilisation pour lutter contre la tendance grandissante à consommer du cannabis par vapotage chez les jeunes. 

La campagne Vis ta vie aux max sans wax se déploie sous plusieurs formes. Un ensemble de trois capsules vidéo tournées avec des élèves du territoire et destinées aux jeunes mettra en lumière les différents enjeux et risques reliés à la consommation de THC par vapotage. Pour atteindre les jeunes présents dans les établissements scolaires et en dehors, la campagne sera également diffusée sur les réseaux sociaux populaires auprès de cette clientèle comme Instagram, TikTok, YouTube et Facebook.

Finalement, des initiatives  (un microsite https://vistavieaumax.wordpress.com/, une fiche informative sur les wax pen et boite à outils) destinées aux parents et aux différents intervenants du milieu scolaire seront aussi mises à leur disposition pour aborder le sujet de la consommation de cannabis par vapotage auprès des jeunes. 

« Ce projet concerté est une magnifique démonstration de l’impact qu’une communauté peut avoir pour assurer le développement du plein potentiel des jeunes », a indiqué Geneviève Lecours, coordonnatrice de la Table jeunesse Haute-Yamaska.

Le cas des pen à wax est connu depuis quelque temps déjà, mais c’est au cours des trois dernières années que le phénomène a commencé à se muter en fléau. « Il y a une facilité pour nos jeunes de se procurer ces vapoteuses sur internet, mais il faut se rappeler qu’au Québec le vapotage de THC est interdit, que ce soit chez les jeunes ou les adultes, c’est interdit (…). Au cours de l’année scolaire 2021-2022, le Service de police de Granby a fait près d’une vingtaine de saisies de ces objets dans les cinq écoles secondaires de Granby », a indiqué Marie-Lise Gagné, agente à la prévention et aux relations publiques et communautaires au sein de la Police de Granby.

« La façon de consommer est tellement banale que ça passe sous nos yeux. Un parent non informé va passer outre cet inhalateur de la grosseur d’un stylo s’il est posé sur la table de chevet ou dans la cuisine. C’est également pour cette raison qu’on tenait à participer à mettre sur pied une boite à outils qui va pouvoir servir aux parents et aux intervenants aussi pour les instruire et démystifier le phénomène », a souligné pour sa part le directeur général du Centre de services scolaire du Val-des-Cerfs, Éric Racine.

Informer pour mieux sensibiliser

La présence accrue sur internet, le marketing autour de ce genre de vapoteuses et le buzz qu’il procure rendent cet objet très attractif auprès des jeunes, qui ne mesurent pas toujours l’étendue des dégâts qu’entraine cette nouvelle méthode de consommation de cannabis. Impact négatif sur le développement du cerveau et sur le parcours scolaire, conséquences sur la santé mentale et risque de psychose ne sont qu’une partie des effets de la consommation accrue de THC par vapoteuse.  En effet, les extraits liquides ou solides utilisés dans ces petites machines peuvent atteindre un taux de THC oscillant entre 50 % et 98 %, taux bien plus élevés que dans les produits de la SQDC qui atteignent en général les 30 %.

« Les jeunes consomment le cannabis et d’autres drogues souvent parce qu’ils veulent expérimenter, mais des fois, c’est aussi parce qu’ils ont des vulnérabilités intrinsèques comme des difficultés sociales, d’angoisses, d’humeur, etc. Malheureusement, l’usage régulier du cannabis vient créer un cercle vicieux (…). Que ça soit la cause ou la conséquence, le cannabis et la santé mentale ne font pas bon ménage », a expliqué la Dre Isabelle Samson, directrice de la santé publique au CIUSSS de l’Estrie — CHUS.

Les instigateurs du projet ne s’en cachent pas, la campagne découle des méconnaissances entourant ce phénomène et constatées à même le terrain par des acteurs communautaires comme l’organisme Impact de rue. « Le projet est en lien avec notre mission qui est de faire de la prévention des dépendances, réduire les méfaits de la consommation ainsi que les comportements à risque en lien avec la consommation et de favoriser le mieux vivre ensemble (…). On a voulu faire émerger de l’ombre ce phénomène-là », a déclaré Anaelle Depault, coordonnatrice en prévention des dépendances chez Impact de rue Haute-Yamaska.

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