Centre de tri: la Haute-Yamaska de retour en 2007

ENVIRONNEMENT. Le sort est jeté, trois maires ont réussi à mettre fin au projet d’appel d’offres en cours pour désigner la technologie et l’exploitant du futur centre de tri et de traitement des matières résiduelles. Avec ce nouveau rebondissement, la Haute-Yamaska se retrouve une fois de plus devant rien.

Un mois après avoir utilisé son droit de veto, le préfet de la MRC Haute-Yamaska, Pascal Russell, a procédé à un nouveau vote sur la proposition de mettre un terme à l’appel d’offres en cours. Granby, Ste-Cécile-de-Milton et Warden ont voté en faveur de l’arrêt des procédures.

Cinq maires s’y sont opposés, mais en raison du poids démographique de Granby et de son vote qui compte pour quatre voix, la résolution a été adoptée. «Mon devoir était de m’assurer que l’on pousse la réflexion au maximum et qu’on donne toute l’information pertinente aux maires», a commenté M. Russell après la rencontre.

Il se dit déçu de voir qu’après tous les efforts investis, on ne pourra même pas voir ce que les soumissionnaires avaient à proposer. «On était à trois ou quatre mois d’une offre de fournisseurs. Là, c’est comme une <I>twillight zone<I> ou le jour de la marmotte», compare-t-il. On se retrouve donc encore une fois à la case départ avec toutes les possibilités sur la table.

«Il faut se réapproprier le dossier. Là, on avait perdu le contrôle. Il faut simplifier le mécanisme», croit le maire de Ste-Cécile Paul Sarrazin à l’origine de la résolution.

Urgence!

Ce nouveau départ est cependant assorti d’une nouvelle date butoir, le 31 octobre. La MRC doit avoir déposé d’ici là son nouveau plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) sous peine de perdre ses redevances pour l’élimination des déchets de plus de 818 000$.

«Il faut amorcer un nouveau projet avec urgence, mais le personnel compétent est encore là», fait valoir M. Russel. Les élus doivent se réunir rapidement pour déterminer un nouveau plan de match sur la suite des choses.

Une fois le nouveau PGMR déposé, celui-ci doit entrer en vigueur au plus tard en décembre 2016.

De nouveaux arguments

Dans le but de convaincre les trois maires dissidents, le préfet Pascal Russell a déposé de nouvelles informations. Il en a d’ailleurs fait la lecture en ouverture de séance publique. Ses efforts n’ont toutefois pas eu le résultat escompté.

Le maire de Waterloo a notamment révélé que Québec avait enfin donné son accord à l’aide financière de 12 M$ de PPP Canada. Une subvention annoncée en octobre 2013!

Il a aussi voulu justifier la décision de la MRC de laisser le choix de la technologie au fournisseur, ainsi que d’opter pour la formule PPP sur une période de 20 ans. Pascal Russell a appuyé son argumentaire sur la réflexion économique sur le traitement des matières résiduelles publiée par le Conseil des entreprises en technologies environnementales du Québec (CETEQ).

Il s’agit d’une étude commandité par l’industrie, mais confiée à trois chercheurs en économie. Le CETEQ est inscrit au registre des lobbyistes du Québec entre autres pour faire «des représentations auprès des élus et des fonctionnaires afin de favoriser l’adoption par le gouvernement de politiques, de mesures ou d’orientations favorisant la croissance et la vitalité des entreprises privées en environnement».