Concessions sur le français: entre Trump et Carney, un choix difficile pour Andréanne Larouche

POLITIQUE. La culture francophone fait énormément jaser par les temps qui courent, que ce soit pour l’abandon de la taxe sur les services numériques de 3 % par le gouvernement fédéral, la contribution de 15 % aux diffuseurs en ligne pour la production de contenus québécois et canadiens ou les propos controversés du président des États-Unis Donald Trump à l’égard du français. Pour le Bloc québécois (BQ) et sa députée de Shefford, Andréanne Larouche, un dilemme s’impose.

Questionnée par le GranbyExpress à savoir qui ferait mieux pour le français entre le premier ministre du Canada, Mark Carney, et le dirigeant américain, Mme Larouche a répondu “se méfier des deux”.

“On se méfie autant de M. Trump, parce qu’on sait que les concessions que fait M. Carney, c’était une demande de son homologue, mais que le premier ministre a plié”, s’est-elle contentée d’affirmer.

Contexte

Le 25 août dernier, Donald Trump déclarait sur son réseau Truth Social qu’il “ne s’ingérerait jamais” dans les affaires des “Canadiens qui parlent français”, alors que des rumeurs faisaient état d’une possible intervention de son administration concernant la protection du français au Canada dans le cadre des négociations commerciales avec Ottawa.

“Je n’avais jamais même pensé faire une chose si stupide, avait écrit le président américain. Ce mensonge a été fabriqué par le faible et inefficace premier ministre pour tenter d’obtenir des gains politiques, ce qu’il a complètement perdu de la part des Québécois. J’aime les Canadiens français.”

Quelle lecture fait la députée bloquiste de la situation? “C’est dur pour moi de commenter. On est dans beaucoup de spéculations. Moi, je préfère me concentrer sur ce qu’on sait, c’est-à-dire qu’une chose est certaine: il faut défendre notre culture.”

Autre enjeu

Dans la même foulée, plus tôt au mois d’août, Washington réclamait également le retrait de la loi 109, adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale en décembre 2025, qui vise à garantir la visibilité et la découvrabilité des contenus culturels francophones sur les plateformes numériques, telles que Netflix et Spotify.

“C’est nous, le Bloc québécois, qui avons parlé de la découvrabilité du contenu québécois. Les artistes se sont mobilisés pour ça. C’est un fait. On est à l’écoute”, a martelé la députée fédérale.

Terminé pour toujours ou pas?

Les relations entre francophones et anglophones ont été ponctuées de tensions au fil de l’histoire. Pour Andréanne Larouche, celles-ci ne doivent toutefois pas compromettre les liens entre le Canada et les États-Unis.

“Il y a eu des présidents américains plus protectionnistes, d’autres moins protectionnistes. Chose certaine, nos économies sont liées. […] Bien entendu, on n’a pas le choix: on se rend compte de l’importance de diversifier notre économie. On ne peut pas ignorer nos relations avec notre voisin, a fait savoir l’élue parlementaire. […] Il ne faut pas mettre tous les Américains dans le même panier. […] Historiquement, les familles et les amis ont toujours passé de part et d’autre des frontières.”