Des mélodies pour briser l’isolement

ÉVÉNEMENT. Depuis un peu plus de 15 ans, les demi-finalistes du Festival international de la chanson de Granby (FICG) visitent divers organismes de la région, tels que des résidences pour personnes âgées, des centres d’aide ou des hôpitaux, pour proposer des spectacles intimes à ceux qui peuvent difficilement se déplacer. Le GranbyExpress s’est rendu à une représentation au jardin de l’Hôpital de Granby dans le cadre de la Tournée des Petits Bonheurs du FICG.

Deux demi-finalistes, soit l’autrice-compositrice “prairie-folk” saskatonienne Sylvie Walker et le groupe pop-jazz Flore & JADE, ont offert chacun une prestation de 30 minutes.

Dans ce havre de paix rempli de tournesols et de fleurs à l’extérieur de l’hôpital, les douces mélodies ont sonné comme de la méditation aux oreilles des patients.

La santé mentale est justement un thème de plus en plus discuté dans la société. Pour certains, ce type de moment représente bien plus qu’un simple spectacle.

“Il y a plusieurs études qui démontrent la pertinence des arts, de la musique et de la chanson pour la santé mentale. C’est autant vrai pour l’artiste qui trouve une façon d’exprimer des émotions, mettre des mots sur des idées. […] Il y a même des médecins qui prescrivent maintenant des visites dans des musées ou aller à des concerts”, a expliqué la directrice générale (DG) du FICG, Josée Mailhot.

Selon elle, la Tournée des Petits Bonheurs du FICG rend la culture plus accessible dans le but de “démocratiser cet accès”.

La DG du FICG poursuit en estimant que ce genre de performance permet aux participants de “reconnecter avec l’essentiel, ce que c’est de faire de la chanson, l’essence d’un produit artistique”.

Moins de personnes, vraiment mieux?

De son côté, Sylvie Walker y voit aussi une occasion de progresser sur le plan artistique, alors que ces prestations la placent dans un contexte qui la sort de sa zone de confort.

“On se met dans un contexte qu’on ne connaît pas, qu’on n’est pas nécessairement à l’aise et qu’on ne maîtrise pas. Il n’y a pas de scènes ni de haut-parleur. Je pense que tout ça fait qu’on évolue en tant qu’artiste, puis comme individu aussi”, a-t-elle déclaré.

L’autrice-compositrice souhaitait bien choisir les chansons qu’elle allait présenter, confiant s’être mis une certaine pression. Adepte d’airs plus lourds, la Saskatonienne considère que montrer cette vulnérabilité est un moyen de se rapprocher du public.

“Je ne voulais pas trop toucher les cordes sensibles initialement. Ça peut être tabou parfois [les sujets], mais proche de ce que des gens dans un hôpital peuvent vivre, notamment de la solitude.  […] C’était un peu de pression de bien adapter le tout. Une bonne pression toutefois. C’était une opportunité d’apprendre incroyable. […] J’aime beaucoup les spectacles intimes. Ça commence bien un festival”, a conclu l’artiste de 32 ans.