Des tracts prônant le gel des loyers déposés au Tribunal administratif du logement

SOCIÉTÉ. Sans registre et sans contrôle des coûts des loyers, le marché locatif est en voie de devenir un Far-West si Québec ne légifère pas en la matière. Dans l’optique d’éveiller la conscience des décideurs, des tracts en faveur du gel des loyers ont été affichés dans les bureaux du Tribunal administratif du logement (TAL) ce mercredi matin à Granby. Une opération de visibilité concertée par le Groupe Actions Solutions Pauvreté (GASP) et  l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR Granby)

Répondant à l’appel du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), le GASP et l’AQDR Granby dénoncent à leur tour le taux de référence utilisé pour calculer les hausses de loyer (3,1%) établi par le TAL pour 2026. Et dans l’espoir de faire entendre leur message, des membres des deux groupes communautaires ont apposé ce matin des affiches au slogan évocateur à l’édifice Roger-Paré, de la rue Principale.

«En attendant d’avoir une transparence avec un registre et un vrai contrôle des loyers, on demande un gel parce que les locataires n’en peuvent plus. C’est l’hémorragie. Ils n’ont plus d’argent pour payer le loyer, ils s’en vont aux banques alimentaires (…). Ça n’arrêtera pas si on ne fait rien», affirme la directrice générale du GASP, Sophie Dulude.

Outre l’activité de tractage, le GASP et l’AQDR souhaitaient profiter aussi de cette mobilisation éclair pour informer les locataires sur leurs droits relativement aux hausses de loyer. «Les gens ont le droit de les refuser s’ils jugent qu’elles sont injustifiées et sont en droit de demeurer dans leur logement», rappelle la porte-parole du GASP.

Selon la présidente de l’AQDR Granby, Danielle Paquette, des majorations de loyer allant parfois jusqu’à 100 $ par mois ont été observées ces derniers temps par l’organisme de défense des droits des aînés. «Lorsqu’il y a un refus de la part d’un locataire (d’accepter la hausse), votre propriétaire, dans un délai d’un mois, doit aller au TAL pour justifier son augmentation. Et règle générale, le propriétaire n’aime pas y aller alors vous susciter un moyen de négociation», mentionne Mme Paquette.

«C’est de l’éducation populaire qu’on veut faire auprès des gens, car même si le problème est collectif, il se vit individuellement», renchérit la représentante de l’AQDR. 

Ailleurs au pays, sept provinces imposent un plafond à l’augmentation des loyers, dont l’Ontario.  Cette disposition oblige un propriétaire, qui veut augmenter plus que le plafond, à obtenir l’accord du tribunal avant de faire parvenir la hausse à ses locataires.