Deux professionnels de l’esthétique mettent la population en garde

SOINS DE LA PEAU. Dépigmentation de la peau, cicatrices, effets du traitement non permanents. Isabelle Larivière et Éric Beaulac, respectivement esthéticienne et dermothérapeute, lancent un appel de vigilance à la population qui serait tentée de faire affaire avec des gens non formés et qui offrent des services à rabais.

Chaque semaine, Éric Beaulac entend des histoires d’«horreur», des histoires de clients qui ont reçu un soin d’esthétique comme le photorajeunissement ou l’épilation définitive alors que leur état ne le permettait pas, mettant leur sécurité en danger. «Il y en a qui font ça de façon inconsciente, mais d’autres le font de façon consciente pour se décharger du travail et pour facturer», ajoute Isabelle Larivière.

Les deux professionnels de l’esthétique montent au front au bénéfice de la sécurité des patients. Le spécialiste, qui devrait être dûment formé par une école reconnue, devrait techniquement offrir une consultation gratuite pour évaluer les besoins du client où analyse de peau, bilan de santé, explication des procédures, soins pré et post-traitement sont compris. Le patient est aussi invité à demander les preuves de diplôme à son spécialiste de même que les preuves d’assurances. Les appareils doivent également être homologués par Santé Canada. «Et la personne ne devrait jamais payer de forfait. Elle devrait payer à la fois», enchaîne Mme Larivière. Elle souligne également qu’une personne sur trois qui désire bénéficier de phototechnologie ne pourra pas recevoir de traitements. D’autres services lui seront suggérés ou elle va être référée à un professionnel de la santé, tel un dermatologue.

Impacts

Une personne non formée et qui offre des services à moitié prix risque de mettre en péril la santé de son client, jugent M. Beaulac et Mme Larivière. Eux, disent-ils, savent reconnaître une tache douteuse sur la peau puisqu’ils ont été formés à le faire lors de leur formation de 1 800 heures. «Quelqu’un qui n’est pas capable de reconnaître par exemple ce qui pourrait être une tache précancéreuse va faire le traitement sur une peau qui n’est pas saine. Nous, on va le référer en dermatologie. Notre but, c’est de garantir des traitements sécuritaires à notre clientèle», dit l’esthéticienne. Un ado de 17 ans, en pleine crise d’acné, qui viendrait consulter pour effacer ses cicatrices alors qu’il n’a jamais fait de facial, ni utiliser des produits pour contrôler son problème cutané, se verra suggérer ces options et d’attendre que son acné soit contrôlée avant d’entreprendre des traitements de réparation.

Éric Beaulac soutient que l’analyse de la peau est d’une importance capitale avant d’entreprendre des traitements puisque ces derniers ne sont pas adéquats pour tous les types de peau. «Une cliente est allée dans un truc à rabais et elle avait pris un médicament photosensible. Elle avait la peau pigmentée, de petites taches blanches. Ça, c’est définitif, c’est de la dépigmentation», expose M. Beaulac. «Ceux qui offrent 50% de rabais et plus doivent couper quelque part. Ils ont les mêmes machines que nous», soutient Mme Larivière. En plus de ne pas être formés adéquatement, cette dernière croit qu’ils négligent de divulguer les bons renseignements aux patients. «Une fois que le client a les informations, il choisit où il veut aller. […]Dans les trucs à rabais, ils ne posent pas de question. Des histoires d’horreur qui se ramassent à J.E, ce sont des trucs de base! Ils n’ont pas suivi de cours, ils ne sont pas assurés, le client ne peut donc pas les actionner», dit Isabelle Larivière.

Aucun ordre ne régit le travail en esthétique, mais l’ex-propriétaire de l’Académie internationale Compétence Beauté, Ginette Lafrance, où Isabelle Larivière et Éric Beaulac ont été formés, travaille depuis 15 ans auprès des instances compétentes pour créer un ordre professionnel qui règlementerait la pratique.