Développement des terres Lamoureux: le statu quo réclamé dans le quartier des Oliviers
MOBILISATION. Le possible ajout de près de 450 nouvelles portes sur la rue des Oliviers, à Granby, angoisse des résidents du secteur. Ces derniers craignent de voir malmener un boisé d’une trentaine d’hectares au nom d’un projet immobilier. C’est du moins ce qu’appréhende un comité de citoyens mobilisé derrière la sauvegarde de cet espace de verdure qu’ils considèrent comme le poumon de leur quartier.
Jeudi, en fin de journée, ce n’est certainement pas le temps froid qui allait ralentir les ardeurs du comité de citoyens du quartier des Oliviers et de quelque 90 résidents préoccupés venus entendre les dernières nouvelles sur le sujet lors d’un rassemblement.
«Notre boisé est une partie intégrante de notre secteur et c’est pourquoi nous voulons suivre le dossier très assidûment et surtout rester avisés des étapes son développement», a lancé la porte-parole du comité de citoyens, Karine Robert.
Pour l’heure, le dossier présenté en mai dernier puis mis précipitamment en veille par la Ville n’a toujours pas refait surface à la table du conseil. Mais avec l’arrivée prochaine du printemps, le regroupement citoyen anticipe un second dépôt de projet.
Dans l’espoir d’obtenir des réponses à ses interrogations, le comité a sollicité une rencontre auprès de la mairesse Julie Bourdon afin de faire le point sur le développement des terres Lamoureux.
«On nous mentionne qu’aucun règlement n’a encore été adopté pour le projet et que si un règlement devait être déposé, ils (les élus) doivent d’abord le présenter lors d’une séance du conseil. Et ils nous inviteront par la suite à une séance de consultation publique. De notre côté, cette réponse ne nous satisfait pas», a déclaré Mme Robert aux résidents du coin présents.
«Nous demandons tous ensemble à la Ville d’être mis au courant des développements du projet. Est-ce que le projet va être reconduit et quelles sont ses grandes orientations principales», a ajouté la représentante du comité.
Un non-sens
Hausse de la circulation, réseau routier inadéquat, perte éventuelle d’une biodiversité et de milieux humides. Pour Karine Robert, la construction résidentielle sur cette aire boisée de la rue des Oliviers ne fait pas de sens.
«Ce qu’on souhaite dans le meilleur des mondes, c’est de ne pas toucher au boisé. À la Ville, on fait la promotion de l’arbre puis de l’autre côté, on parle d’enlever un boisé de 35 hectares. C’est assez paradoxal», a dénoncé la citoyenne militante.
L’implantation de nouvelles propriétés multilogements (NDLR: des bâtiments d’un à deux étages dans les zones de moyenne densité et des immeubles d’un à quatre étages, selon la version préliminaire du projet) ne cadrerait pas avec l’environnement déjà existant, selon le comité.
«Ça ne s’harmonise pas avec le restant du quartier. C’est pratiquement le double d’habitations par rapport à ce qu’il y a présentement dans le quartier», a laissé entendre Karine Robert.
Annoncé et suspendu
Le développement des terres Lamoureux avait fait l’objet d’une résolution approuvant le plan d’aménagement d’ensemble (PAE) du projet le 20 mai dernier. Une motion qui n’avait cependant tenu que 48 heures puisque la mairesse Bourdon avait usé de son droit de veto pour suspendre les procédures. De nouvelles informations reçues avaient été évoquées pour justifier le recours à ce pouvoir de blocage.
«Les plans (soumis par les promoteurs et adoptés par la Ville le 20 mai dernier) ont changé à la suite d’une demande du ministère de l’Environnement. C’est pour cette raison que l’on doit recommencer le processus (d’analyse)”, avait fait la mairesse à la séance du 2 juin.
À titre de rappel, trois conseillers (Alain Lacasse, Geneviève Rheault et Catherine Baudin) avaient désapprouvé la demande d’autorisation pour le développement des terres Lamoureux.
Par ailleurs, les citoyens du quartier des Oliviers n’auront pas à patienter très longtemps pour en connaître davantage sur la suite de ce projet immobilier. Le dossier se retrouvera à l’ordre du jour de la séance du 9 mars prochain, a indiqué le cabinet de la mairesse.
