En ce 1er juillet, les demandes de recherche de logement en baisse
HABITATION. Le coût de la vie et les prix à la pompe galopants auraient pu inciter plusieurs personnes dans le besoin à demander de l’aide dans la recherche de logement pour la journée nationale du déménagement du 1er juillet. Or, il s’avère tout le contraire, alors que les sollicitations lors des semaines précédant cette date ont presque chuté de moitié, passant de 66 à près d’une quarantaine, selon des données fournies par l’Office d’habitation Haute-Yamaska-Rouville (OHHYR).
Pour son directeur général (DG), Nicolas Léger Bourgoin, cette baisse est due à deux facteurs: l’éducation faite auprès de ces individus et une meilleure exploitation du Programme de supplément au loyer Québec (PSLQ). Rappelons que cette aide financière permet aux ménages à faible revenu de ne payer que 25 % de leurs revenus en loyer pour se loger dans le secteur privé, les coopératives ou les organismes à but non lucratif (OBNL), le reste étant couvert par le programme.
« On sait qu’il y a des propriétaires de logements qui exercent des pressions sur les locataires de toutes sortes de façon en exploitant la situation de précarité de certains d’entre eux. On fait beaucoup d’éducation auprès des locataires pour faire valoir leurs droits. […] Dans le cas du PSLQ, on commence à s’habituer depuis environ deux ans à la réalité inflationniste. […] Il y a une plus grande ouverture des propriétaires privés à accepter des adhérents d’urgence de ce programme », a-t-il expliqué.
Bilan solide
Parmi les 32 demandes, huit demeuraient en attente pendant la semaine du 15 au 19 juin dernier. À titre comparatif, en 2025 (16 au 20 juin), ce chiffre se situait à 20.
Le portrait est meilleur que celui de 2024 (17 au 21 juin), qui comptait 11 sollicitations. Les chiffres demeurent néanmoins loin de ceux de l’Office d’habitation Centre-du-Québec (OHCQ), qui a rapporté à Radio-Canada compter plus d’une centaine de demandes en attente.
« Nos 20 [requêtes] de 2025, c’est très peu. C’était une fluctuation d’échantillonnage. Je ne suis pas prêt à dire qu’il y a une tendance. […] De plus, on n’a pas eu recours à des mesures exceptionnelles comme l’utilisation d’une chambre d’hôtel, le temps qu’on trouve un logement. C’est la même chose pour cette année », a affirmé M. Léger Bourgoin.
Ce qui est le plus difficile
L’immigration apporte son lot de défis avec l’arrivée de familles plus nombreuses que celles typiques. « La typologie de nos immeubles ne correspond pas à cette réalité-là. […] On a une sensibilité de pouvoir éventuellement construire de nouveaux projets de logements abordables avec ce genre de typologie », a poursuivi le DG de l’OHHYR.
Le parc immobilier de l’organisme comporte 578 habitations à loyer modique (HLM) et 346 unités de logement abordable. Malgré ces chiffres élevés, la situation est stagnante pour les HLM, qui ne figurent plus dans les visées du gouvernement du Québec, selon Nicolas Léger Bourgoin, admettant que « la voie de passage » passe désormais par la construction de logements abordables.
Problème résolu? Pas si vite…
À Granby, les nombreux projets de logements n’auront pas l’effet escompté. L’OHHYR rapatrie présentement 28 logements de Waterloo dans la municipalité pour les reconstruire, en plus de rebâtir les 27 unités du 245-255, rue Cowie.
« Oui, on rapatrie et on développe, mais ça ne comblera pas les besoins de la population en matière de loyers abordables ou de HLM », a-t-il souligné.
Au moment de la présentation de son Plan de densification en 2024, la Ville de Granby avait fait part de son désir d’ajouter 5 500 logements et porter sa population à 85 000 habitants. Faut-il prioriser ces habitations aux citoyens de la municipalité qui sont dans le besoin ou aux nouveaux arrivants?
« C’est une excellente question. Ça demande une réponse nuancée. Tout ce que je peux dire, c’est que je ne sais pas par où passe la solution entre la croissance d’une ville et les facteurs nommés », a conclu M. Léger Bourgoin.
