Fermeture de la halte-répit du Partage Notre-Dame

COMMUNAUTAIRE. Consternation dans l’aide face à l’itinérance: la halte-répit du Partage Notre-Dame fermera ses portes le 5 septembre prochain, moins de deux ans après son ouverture. En cause, la décision de Santé Québec de ne “pas reconduire l’entente de financement qui permettrait le maintien de ce service”, selon le Conseil central des syndicats nationaux (CSN) de l’Estrie.

Les travailleurs de ce service ont affirmé avoir appris la nouvelle le 16 juillet dernier, peut-on lire dans le communiqué de presse.

L’entente, d’un montant de 688 000 $, s’échelonnait de 2024 jusqu’au 31 mars dernier, selon ce qu’a appris le GranbyExpress. La vice-présidente du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CSN), Fanie Lefebvre, affirme que l’organisme a été maintenu dans le néant jusqu’à ce même 16 juillet par rapport aux détails de l’accord financier.

«On a fait une demande d’accès à l’information auprès de Santé Québec Estrie – CHUS pour en connaître les motifs. L’employeur est demeuré évasif quand il s’est adressé à ses employés», a-t-elle fait savoir au journal, lundi après-midi.

Au lendemain de la parution de l’article, Santé Québec Estrie – CHUS a confirmé les modalités de la précédente entente de financement, ajoutant toutefois l’avoir reconduite jusqu’en 2028.

L’organisation s’est voulue rassurante auprès du Partage Notre-Dame, soulignant son «l’apport essentiel des équipes auprès des personnes vulnérables ou en situation d’itinérance».

«Par ailleurs, la halte climatique n’est qu’une partie des services destinés aux personnes en situation d’itinérance et notre collaboration avec le Partage Notre-Dame se poursuit pour l’ensemble des autres services qu’il offre à cette clientèle», a mentionné Santé Québec Estrie – CHUS dans un échange de courriels avec le journal.

Santé Québec Estrie – CHUS a également confirmé qu’un «appel de projets» a été lancé il y a quelque temps et que celui-ci prendra fin le 4 août prochain. L’organisation prévoit être en mesure d’annoncer le «projet retenu» au courant du mois de septembre.

De son côté, la Ville de Granby a admis que Santé Québec Estrie – CHUS a «informé la Municipalité de la fermeture de la halte-répit offerte par le Partage Notre-Dame», mais qu’elle n’a «aucun commentaire supplémentaire à partager».

La présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Partage Notre-Dame (CSN), Andrée-Anne Houle, s’inquiète pour l’avenir des personnes itinérantes qui fréquentent le centre. “C’est constamment plein à la Halte. Nous accueillons des personnes qui, selon leur état, ne peuvent pas aller ailleurs, parfois même pas à l’hôpital. Où iront-elles maintenant?”

Cette fermeture survient alors que le débat sur l’itinérance occupe une place importante dans l’actualité québécoise. Au cours des dernières semaines, les démarches menées par l’ancienne première ministre Pauline Marois en faveur d’un Sommet national sur l’itinérance ont suscité l’appui de l’ensemble des principaux partis politiques. Le syndicat soulève de “sérieuses questions” quant à la fermeture “dans un tel contexte”.

“On a peine à comprendre la logique derrière cette décision. D’un côté, tout le monde reconnaît l’augmentation de l’itinérance et l’urgence d’agir. De l’autre, on coupe le financement d’un service qui fait justement partie des solutions. Réduire les ressources en santé et services sociaux ne peut qu’accentuer les difficultés vécues par la population”, a déclaré vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), François Perron.

«Cette situation apparaît d’autant plus paradoxale que le syndicat et l’employeur venaient tout juste de conclure une entente de principe dans le cadre de la négociation de leur première convention collective», a ajouté le CSN par voie de communiqué.

La halte-répit du Partage Notre-Dame était située au sous-sol du Centre communautaire Richard-Goulet. Elle offrait 20 places aux personnes itinérantes à Granby.