FICG 58: Roublond se distingue et triomphe

CULTURE. Au vu des nombreux prix dévoilés avant de découvrir le lauréat du trophée Fabienne lors du Grand concours Hydro-Québec, la lutte s’annonçait serrée entre Aleksi Campagne et Roublond, tous deux repartis avec plusieurs bourses et distinctions. C’est finalement ce dernier qui a été déclaré vainqueur de la 58e édition du Festival international de la chanson de Granby (FICG), dimanche soir.

Le Shawiniganais semblait se diriger vers un sans-faute lors de sa performance en finale. Son déhanchement, sa confiance et la variation maîtrisée de sa voix étaient pratiquement parfaits.

Il a toutefois commis une sérieuse bourde dans la conclusion de sa dernière chanson (J’ai juste pensé) en chantant faux sur des notes aiguës, ce qui pouvait potentiellement compromettre ses chances de gagner.

“Après ma performance, je me suis dit: “wow, ça s’est bien passé, peut-être que je vais l’avoir [la victoire] malgré mon erreur”. Je m’étais aussi préparé à un scénario où je ne l’emportais pas”, a déclaré l’artiste, de son vrai nom Elliot Lavergne.

Se distinguer, le point tournant

Aleksi Campagne s’avérait le choix sécuritaire, lui qui a été le finaliste ayant le plus limité les erreurs et qui a impressionné avec son violon, des guitares et une station de loops.

Le folk dominait le festival, avec la moitié des participants associés à ce genre musical lors des demi-finales, puis trois des cinq finalistes par la suite. Roublond arrivait avec une proposition hors du commun mêlant notamment de la pop, du rock, du trap et de l’électro. Une palette “indescriptible”, selon les mots de l’animatrice Catherine-Audrey Lachapelle.

“Ça me donne espoir [de gagner avec cette proposition-là]. J’ai compris depuis tout-petit que je voulais faire de la musique avant-gardiste, a expliqué l’artiste de 21 ans. Je m’inspire de tellement de formes d’art, que ce soit dans les genres musicaux ou en poésie. On peinture ça en style. Bref, j’ai réussi mon objectif premier qui était de faire quelque chose d’accessible.”

Pas pressé

À court terme, le vainqueur de cette 58e édition du FICG ne prévoit sortir ni single ni album. Il compte “investir dans la recherche musicale” avec une partie de sa bourse de 25 000 $ pour s’assurer de faire un “travail de qualité”.

“Je ne sais pas comment ça va se manifester, mais j’ai besoin d’être inspiré. J’ai envie de travailler avec des gens inspirants. L’important, ça va être de m’entourer des bonnes personnes pour construire une carrière qui va me satisfaire”, a-t-il indiqué.

Un point positif… et des déceptions

Chez les trois autres finalistes, soit Système Féodal, Alexandrine Larson et Sylvie Walker, la soirée a été quelque peu pénible. Tous ont régressé par rapport à leur prestation aux demi-finales, sauf Sylvie Walker.

La Fransaskoise a enfin répondu aux attentes placées en elle. La femme de 32 ans était plus confiante, tandis que les variations dans sa voix étaient mieux maîtrisées, rendant son interprétation moins monotone.

Toutefois, sa guitare paraissait à nouveau inaudible sur son deuxième morceau (Dormir avec le diable), en plus de gâcher sa belle lancée sur sa pièce suivante (Eveline) après deux gaffes majeures. En effet, elle a joué quelques fausses notes à la guitare à un moment, avant d’oublier également quelques paroles.

Dans le cas du groupe Système Féodal et de l’autrice-compositrice-interprète Alexandrine Larson, ils ont semblé méconnaissables.

Le quintette de métal progressif ne ressemblait en rien à ce qui leur a valu le vote du public vendredi dernier. D’impeccables à méconnaissables, les garçons de la formation semblaient largement moins confiants…et ça se sentait sur scène, où ils paraissaient peu inspirés. Ils ont multiplié les fausses notes à la guitare et à la batterie, tandis que son chanteur Paul-Étienne Paquin s’est montré incapable d’atteindre les mêmes tonalités aiguës franchies pendant les demi-finales.

Alexandrine Larson s’était elle aussi démarquée et figurait parmi les favorites pour remporter les grands honneurs. Hésitante à quelques moments, la Montréalaise a malheureusement laissé le stress s’emparer de son corps, ruinant toute chance de triomphe.