Gala de boxe amateur: une soirée mouvementée pour les boxeurs de Speedy Gym Waterloo

SPORT DE COMBAT. L’aréna Jacques-Chagnon n’était peut-être pas plein pour le tout premier gala de boxe amateur de l’histoire de Waterloo, le 1er mai dernier. Le spectacle a tardé à se mettre en marche, mais la carte principale a gâté les quelque 650 spectateurs présents dans la salle…et pas à peu près.

Commençons avec Jian Leta, le meilleur espoir de Speedy Gym Waterloo. Vice-champion chez les juvéniles aux Championnats canadiens, les attentes envers lui étaient élevées, comme en témoigne la longue et puissante ovation qu’il a reçue lorsque son nom a été prononcé avant son arrivée dans le ring.

Or, malgré sa victoire, tout aurait bien pu tourner au vinaigre. Ça lui aura tout pris pour aller la chercher par décision unanime.

Pas à sens unique

Son entraîneur et propriétaire de Speedy Gym Waterloo, Charles Hauver, parle souvent de Jian comme un pitbull. Rien ne laissait transparaître quoi que ce soit en ce sens au début. Timide pendant les deux premiers rounds, son adversaire semblait frapper plus souvent et le chemin de la victoire était proche pour son rival.

En retard, Jian a lancé un sprint en fin de deuxième round, acculant même Omar Ait Abdelghani dans les câbles sous une série de coups. La troisième manche promettait d’être animée.

Il a livré la marchandise contre un adversaire de haut calibre. Il finit toujours fort dans les derniers rounds, mais on va devoir travailler son premier round.

– L’entraîneur de Jian Leta, Charles Hauver, à propos du combat de son poulain

Déclic

La chanson Eye of the Tiger du groupe Survivor résonna dans l’aréna entre les deux rounds. On pouvait sentir un scénario à la Rocky Balboa dans Rocky 3 et son fameux duel contre Ivan Drago. Une remontée spectaculaire et la foule qui scande son nom sans arrêt. La même chose s’est produite pour le Waterlois.

À ce moment, on voyait Jian le pitbull avec toute son agressivité. Il a paru nettement supérieur à son rival, signant le round le plus dominant du combat. Un fait d’armes qui n’est pas passé inaperçu chez les juges.

Le boxeur de 16 ans croit que son affrontement s’est bien déroulé. « Ç’a bien été. Je suis très content de m’être battu chez moi. […] Malheureusement, j’ai trop analysé pendant la première moitié du combat. Je voulais tellement y aller, mais il revenait tout le temps. J’avais commencé à stresser. Après, j’analysais bien. […] Eye of the Tiger ne m’a pas influencé. Le déclic s’est produit quand j’entendais très fort mon nom dans l’aréna. En plus, Omar a manqué d’énergie au troisième round, ses coups étaient lents et j’ai pu en profiter. »

Charles Hauver voyait en Omar un des meilleurs boxeurs au Québec, voire deuxième ou troisième meilleur au Canada. Il souhaitait donner un rival difficile à Jian. « Il a livré la marchandise contre un adversaire de haut calibre. Il finit toujours fort dans les derniers rounds, mais on va devoir travailler son premier round. […] Eye of the Tiger n’a pas changé les choses. On a plutôt changé de stratégie pendant le combat. »

Tout un défi

L’autre combat tant attendu était celui de Guillaume Grenier face à Ali Bouthot. L’entrepreneur de 29 ans disputait seulement son deuxième combat depuis son retour à la boxe.

Tout était catastrophique pour lui, notamment en tombant quelques fois au sol, frôlant même un K-O après avoir subi un coup directement au visage.

« À mon avis, le premier round était serré, mais le deuxième a effectivement mal débuté. Il a tombé une fois pour un coup de tête, mais il n’y a eu aucune chute au plancher. C’est seulement parce que l’arbitre voulait lui donner le temps de reprendre ses esprits », a indiqué Charles Hauver.

Après la pluie, le beau temps

Se rendre au deuxième round était un miracle pour Guillaume, dans un état désorienté.

Mais… ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini ! Son meilleur coup du duel (et l’un de ses seuls) aura été le bon ! Grâce à ses longs bras, il a déployé toute sa puissance au corps et a réussi à mettre son adversaire K.-O., malgré l’importante différence de poids (210 livres pour Guillaume, 250 pour Ali Bouthot). Quelle fin de gala !

« Ce coup de poing, on l’a travaillé énormément. Guillaume a une force de frappe incroyable. Il a su bien l’utiliser », a élaboré son entraîneur.

« Ç’a été un bon combat. J’avais un peu de craintes par rapport à sa puissance de frappe. J’essayais de me tenir à distance en même temps de bien rentrer sur lui. Ce n’était pas simple, mais je n’ai pas eu trop peur. […] Puis, avant le coup final, il avait tendance à être très ouvert en me donnant des coups, je me suis fermé et l’opportunité était trop belle », a-t-il mentionné.

Très occupé dans son quotidien avec son emploi d’électricien, sa vie familiale et les nombreuses heures d’entraînement des derniers mois, il admet avoir ressenti « beaucoup de pression » pour ce duel « qu’il ne voulait pas perdre ».

« Cet été, c’est sûr que je prends un break. J’ai ma grosse saison de construction qui commence, donc je ne vais pas pouvoir me consacrer à 100 % à la boxe. […] Cette bataille était un point tournant pour moi. Je ne sais même pas encore si je vais en refaire », a admis Guillaume Grenier.

Pour le créateur de ce gala de boxe, Charles Hauver, l’événement a été un succès qui a surpassé les attentes. « On a plus de spectateurs que l’on pensait. D’avoir plus de 600 personnes lors d’un soir de match éliminatoire des Canadiens de Montréal, c’est excellent. Je suis convaincu que l’on en aurait eu plus s’il n’y avait pas eu cette partie.

Le propriétaire de Speedy Gym Waterloo a toujours l’intention d’organiser d’autres galas de boxe à Waterloo dans les prochaines années.