Les grands honneurs décernés à Norman Dunn

MÉRITE. Norman Dunn a passé les 30 dernières années de sa vie à soulager la faim autour de lui et à redonner leur dignité aux plus démunis. Pour souligner son apport exceptionnel à sa communauté, son dévouement et son acharnement, le député de Granby, François Bonnardel, lui a remis, mardi, la médaille de l’Assemblée nationale.

De très nombreuses personnes, employés et membres du conseil d’administration de SOS Dépannage-Moisson Granby ont assisté à l’événement préparé dans le plus grand secret. Car s’il avait su qu’un tel hommage l’attendait, le directeur général et fondateur de l’organisme n’aurait pas accepté de recevoir un tel honneur. Il avait l’air littéralement médusé lorsque la foule rassemblée au Café des trois pommiers l’a accueilli sous un tonnerre d’applaudissements; on lui avait fait croire qu’il recevait des inspecteurs du MAPAQ.

Le député Bonnardel a tenu à souligner que son comté en est un «plus rassurant et mieux équipé pour répondre aux périodes d’adversité» grâce à tout le travail effectué par le récipiendaire.

«Norman, nous sommes privilégiés d’avoir une personne comme vous à Granby qui est visionnaire, une personne animée par l’esprit de concertation et une personne qui a permis à des milliers de gens d’obtenir l’aide dont ils nécessitaient au moment où ils en avaient le plus besoin», a affirmé l’élu avant de remettre la médaille, au dos laquelle sont gravés les mots «En échange d’une vie sans faim».

30 ans d’implication

SOS Dépannage-Moisson Granby a connu ses premiers balbutiements en novembre 1987. Le conseil d’administration (CA) ainsi que M. Dunn ont néanmoins choisi de ne pas célébrer son trentième anniversaire. Or, souligner les 30 années d’implication de ce dernier s’est imposé. «On l’a fait pour que tu sois reconnu à ta juste valeur et on est vraiment très fiers […]», lui a lancé le président du CA, Sylvain Larivière.

Le principal intéressé, visiblement ému, a rappelé que l’organisme ne devait, à la base, fonctionner que pour deux ans en raison d’un contexte économique difficile prévalant à l’époque. En raison des besoins qui n’ont jamais cessé de croître, il n’a jamais fermé boutique ; il s’est plutôt développé. «Savez-vous ce qui me <I>drivait<I> tout le temps? C’est que je recevais souvent des familles et je n’avais jamais assez de bouffe pour eux. Ça me déchirait le cœur et je me disais que je devais trouver une façon d’alimenter SOS Dépannage et de trouver du financement pour que ça marche» a expliqué M. Dunn.

Après avoir entre autres vendu des piscines et des voyages, c’est finalement la mise sur pied de deux entreprises d’économie sociale, le Magasin général (2000) et le Café des trois pommiers (2006) qui a permis à l’organisme de s’autofinancer. La recette gagnante permet désormais de prêter main-forte à environ 8000 personnes dans le besoin chaque année et de distribuer des denrées au sein de 44 organismes du territoire.

«Ça n’a pas été facile. C’est très, très difficile de faire marcher un OSBL et une entreprise simultanément. C’était  vraiment tout un défi et avec du recul, je ne sais même pas comment j’ai fait pour réussir tout ça. Chose certaine, je n’ai jamais été seul», a expliqué M. Dunn. Il a d’ailleurs tenu à remercier les personnes présentes d’avoir cru en lui tout au long de ces années.

Ce n’est pas la première fois que le dévouement de Norman Dunn pour la cause des moins nantis est récompensé. L’homme a été intronisé au Temple de la Renommée communautaire de la Corporation de développement communautaire en 2003. Il a également reçu la médaille du Jubilé de diamant de la Reine en 2012, qui soulignait ses 25 années d’implication au sein de la communauté.