« Je m’ennuyais à la retraite » _ François Tétreault
SPORTS. Sortir de sa retraite peut souvent être dur pour quelqu’un. Parlez-en à des joueurs de hockey ou de tennis. Pourtant, huit ans après avoir quitté son poste de directeur général (DG) du Centre d’arts Orford (2010-2017), François Tétreault a effectué un retour à l’emploi en septembre dernier comme président des Championnats Banque Nationale (BN) de Granby. La raison ? Il « s’ennuyait ».
Même s’il trouvait « le fun » d’effectuer des voyages à travers le monde, il lui manquait quelque chose pour le motiver « intellectuellement et moralement ».
L’ex-DG du Festival international de la chanson de Granby (1999-2006) s’était même éloigné de Granby pendant plusieurs années pour se promener de façon peu orthodoxe dans des villes comme Ulverton, Orford et Montréal. Finalement, il souhaitait renouer « pour de bon » avec sa ville natale et se rapprocher de la famille.
« Au début de ma retraite, ma conjointe et moi avons eu un petit projet de ferme. On était des gentlemen farmers [propriétaire foncier qui exploite une terre agricole pour le plaisir, et non comme source principale de revenus]. On produisait de l’ail. Nous nous sommes beaucoup amusés. Puis, Ulverton, c’est tranquille. Peu de personnes nous connaissaient », a affirmé celui qui a également été agent d’artistes.
Un rôle qui ne fait pas peur
Œuvrant durant plus de 20 ans dans des rôles de dirigeant et d’administrateur pour divers organismes culturels, M. Tétreault estimait avoir « fait le tour ». On pourrait croire qu’en changeant de domaine, il se lançait un défi de taille et sortait de sa zone de confort. Or, il n’en est rien, même s’il reconnaît avoir dû « enlever un peu de rouille ».
« Le tennis, c’est quelque chose que j’ai longtemps pratiqué. J’essaie encore de le pratiquer aujourd’hui. […] Une fois que je me suis mis à fond dans ce sport, je me suis rendu compte que de travailler avec des artistes et des athlètes, ça se ressemble beaucoup. Ce sont des gens avec une certaine discipline qui ont l’ambition d’aller plus loin, de réussir, de plaire au public et qui sont un peu introvertis. Donc, il n’y a pas eu trop d’adaptation à faire », a avoué François Tétreault.
Gérer un événement comme les Championnats BN de Granby, c’est avoir quelque 350 bénévoles sous sa main. Un aspect auquel il est habitué depuis toujours.
« Je pense que l’équipe est bonne. Je suis le genre de personne à prioriser le travail d’équipe. […] Je travaille beaucoup en consultant les autres, parce que je ne détiens pas toute la vérité, seulement une partie, comme tout le monde. En combinant tout ça [les vérités], j’essaie que ça fonctionne et que ça ait du sens », a-t-il admis tout en s’inspirant des traditionnels propos philosophiques de l’-entraîneur-chef des Canadiens de Montréal, Martin St-Louis.
Pluie d’innovations
L’édition 2026 de ce rendez-vous sportif comporte plusieurs nouveautés : installation de deux écrans géants sur le court central Alain-Faucher, rehaussement de l’expérience client et intégration d’un système de jugement de ligne électronique (NDLR : communément appelé Hawk-Eye dans le milieu du tennis), une première dans un tournoi de type « Challenger » au Canada… qui suscite énormément d’intérêt à travers le pays.
« J’ai des téléphones qui entrent d’un peu partout [au Canada] depuis la semaine passée. On me demande si je peux aider les organisateurs d’autres tournois. Je leur dis de me laisser le temps que l’événement se conclut. Je suis assez occupé [rires] ! Au mois d’août, ce sera correct pour discuter », a déclaré M. Tétreault sur un ton humoristique.
Un futur prometteur ?
Le Granbyen d’origine vit sa première édition dans le rôle de président des Championnats BN de Granby. Il ne souhaite pas encore dresser des engagements pour les années à venir, souhaitant plutôt attendre d’avoir vécu ses 12 premiers mois. Les discussions à cet effet débuteront à l’automne. Un plan stratégique pourrait être élaboré, selon ses dires.
Rappelons que le tournoi avait accueilli la catégorie 250 de la WTA en 2022, avant de retourner sur le circuit de l’ITF World Tennis Tour. Est-ce qu’un retour de ce calibre est une possibilité à l’avenir ?
« À l’époque, c’était pour dépanner un tournoi qui était considéré invalide pour une année. Ça prend des infrastructures importantes qu’on n’a pas, même si ç’a été une expérience extraordinaire. […] Je n’étais pas là en 2022, mais des bénévoles m’ont dit qu’ils avaient trouvé cela très exigeant. […] Ce n’est pas mon objectif de ramener ce calibre-là, mais je suis ouvert à l’upgrader en catégorie 125 de la WTA », a-t-il laissé entendre.
Chose certaine, François Tétreault n’est pas inquiet pour le futur de l’événement. « Ce n’est pas du tout en déclin ! Notre nombre d’inscriptions augmente chaque année. Ça démontre que les athlètes veulent venir à Granby ! »
