“Je pensais faire de la politique pendant seulement dix ans”_ François Bonnardel
POLITIQUE. 1 DE 2. Pour François Bonnardel, sa décision de ne pas se représenter pour un septième mandat comme député de Granby n’est pas liée à un épuisement. L’affaire SAAQclic n’a pas eu d’influence non plus. La flamme était toujours là, mais il estime que le moment était venu pour “laisser place à relève”.
Chose certaine, la réflexion s’est étalée sur plusieurs mois. “Un matin c’était oui. Le lendemain, c’était non. […] J’ai toujours dit qu’il fallait savoir quand arriver, puis quand partir aussi. Finalement, j’ai considéré que c’était le moment de partir”, a-t-il admis en entrevue avec le GranbyExpress.
Au fil de ses mandats, il n’avait jamais pensé à la possibilité de se retirer. À l’aube des élections provinciales du 5 octobre prochain, c’était la toute première fois de sa vie politique qu’il l’envisageait.
“C’était une longue réflexion. J’ai le cœur gros, très déchiré, mais il faut tourner la page un jour”, a déclaré M. Bonnardel.
Se retirer malgré le vent dans les voiles
Les projections dans Granby en vue des prochaines élections évoluaient bien pour la Coalition avenir Québec (CAQ), selon l’agrégateur de sondages Qc125. En date du 28 juin dernier, le parti avait 35 % des intentions de vote, contre 30 % pour le Parti québécois (PQ). Une tendance qui semblait s’installer au cours des derniers mois, après des chiffres plutôt défavorables à plusieurs moments depuis 2022.
“Je n’ai jamais rien tenu pour acquis. Face à l’adversité, on grandit. Je n’étais pas du tout inquiet des projections. Ça n’a pas été un facteur dans ma décision”, a expliqué celui qui avait débuté sous la bannière du défunt parti Action démocratique du Québec (ADQ) en 2007 dans ce qui était autrefois connu comme étant la circonscription de Shefford.
Un moment “formateur”
François Bonnardel a été réélu haut la main lors de cinq des six élections auxquelles il a pris part. La seule exception? Celle de 2008, où il a gagné… par 70 voix seulement, alors que s’amorçait la chute de l’ADQ.
“2008 a été l’élection la plus compliquée. Je ne serais pas devant vous aujourd’hui si on n’avait pas travaillé comme des fous pour être capable de sauver la circonscription. Les libéraux nous ont fait la vie dure. […] Ce que j’ai appris de cette épreuve-là, c’est de travailler trois fois plus fort, avec plus de rigueur. Heureusement, on n’a plus jamais revécu une élection aussi serrée que celle-là. […] Ç’a semé ce que je suis devenu comme élu”, a-t-il confié.
Un exploit en voie de disparaître?
De nos jours, effectuer six mandats est un fait qui se raréfie avec le temps. Bien que plusieurs facteurs expliquent cela, il attribue à Granby des particularités “qui ne sont pas présentes” dans les autres comtés.
“À Granby, quand les gens aiment quelqu’un [un député], ils l’aiment longtemps. Je suis un privilégié de la vie. […] Le plus bel exemple, c’est encore 2008, s’est remémoré le vétéran de la politique. On [l’ADQ] avait mangé une claque aux élections [de 41 à sept députés]. Moi, j’ai été réélu. Cette confiance-là m’a énormément touchée. Ç’a démontré que Granby pouvait voter autrement que du côté du gouvernement.”
Selon lui, deux principales différences existent entre les mondes politiques de 2007 et 2026: l’avènement des réseaux sociaux et une actualité politique plus active.
“Tu as des nouvelles en continu, des cycles de nouvelles le matin, le midi et le soir. Tu as plusieurs baladodiffusions. Malheureusement, en ce qui a trait aux réseaux sociaux, ils sont devenus plats, voire un exécutoire. Ça s’est exacerbé avec les années. C’est devenu de plus en plus aigri. Les gens se sentent libres d’écrire un peu n’importe quoi avec leur clavier. Il ne faut surtout pas que ça empêche des personnes de faire de la politique. Oui, elle [la politique] a perdu ses lettres de noblesse, mais on les retrouvera un jour”, a fait savoir le caquiste, ajoutant que cette réalité explique sa présence plus discrète sur les réseaux sociaux.
Encore quelques mois
Finalement, quant à l’état de sa relation avec l’ex-premier ministre François Legault, il affirme qu’elle est empreinte d’un “respect mutuel”. Rappelons qu’il s’était dit “extrêmement déçu” de son exclusion du Conseil des ministres en septembre dernier.
La vie politique de François Bonnardel est loin d’être terminée. D’ici le 5 octobre, il épaulera la future candidate pour la CAQ dans Granby dans le cadre de la campagne électorale, avant de tirer sa révérence pour de bon.
