Jocelyn Beaudoin poursuit sa pédagogie de l’indépendance au Bloc

POLITIQUE. Un nouveau nom s’est ajouté au bulletin de vote de la prochaine élection fédérale dans Shefford. Jocelyn Beaudoin a remporté l’investiture du Bloc québécois sans opposition. «Une belle marque de confiance» pour celui qui souhaite poursuivre sa pédagogie de l’indépendance.

Le jeune avocat originaire de Ste-Cécile-de-Milton commence à être un habitué des joutes politiques. Indépendantiste convaincu, il a déjà mené deux campagnes électorales provinciales sous la bannière d’Option nationale.

«Étant donné qu’on a un gouvernement majoritaire au Québec jusqu’en 2018, l’étape logique pour continuer à faire la pédagogie de l’indépendance est d’aller sur la scène fédérale», estime-t-il.

Un combat essentiel, à son avis, pour l’intérêt des Québécois. «Si on laisse toute la place aux partis fédéralistes, ils vont la prendre et l’utiliser à leur guise. On peut le voir avec le NPD. Le résultat? Sur le pipeline Transcanada, Thomas Mulcair ne peut pas dire non aux pétrolières de l’Alberta. Pour le Bloc, c’est non parce que les dangers sont trop importants. On privatise les profits et on nationalise les risques, c’est complètement inacceptable», dénonce le spécialiste du droit municipal.

Il ajoute que «pour dire non à ces projets-là, ça prend l’indépendance». En attendant que cela se réalise, «il faut au moins avoir des députés à Ottawa capables de décrier haut et fort les projets qui vont contre nos intérêts», poursuit-il.

Un Bloc toujours solide

Malgré les déboires du parti, qui a connu deux chefs en trois ans et perdu deux de ses quatre députés, le futur candidat garde confiance. «Il y a clairement de l’espoir. La réelle défaite, c’était en 2011. Depuis, les sondages placent le Bloc deuxième au Québec derrière le NPD. On a encore 25 % des gens derrière nous, ça démontre la force du parti», analyse M. Beaudoin.

Parmi la trentaine de personnes présentes à l’hôtel Le Granbyen pour l’investiture, la présence de quelques jeunes visages laisse croire à un avenir possible. «Des gens comme René Marois et Pierre-Albert Morin ont tenu l’exécutif en place sur le terrain. Même si la défaite a fait mal, on est encore fort parce qu’on a des membres convaincus qui veulent convaincre des gens», mentionne celui qui s’est joint à l’exécutif local en 2014.

Proche du monde

Autant dans son discours d’investiture que dans ses réponses aux journalistes, Jocelyn Beaudoin a insisté sur l’importance de la proximité avec les citoyens.

«Ma stratégie est claire, c’est le travail de terrain, le porte-à-porte, aller rencontrer les citoyens, c’est la base de tout le travail de député. Il y a juste avec le contact des citoyens qu’on peut les convaincre de l’indépendance», affirme le bloquiste.

Si le déclenchement de la campagne doit officiellement avoir lieu quelque part en septembre ou octobre, elle est déjà en marche dans Shefford. Jocelyn Beaudoin assure vouloir démarrer dès maintenant le travail de terrain, alors que son opposant libéral Pierre Breton a été nommé en décembre.

Nouveau mandat pour l’exécutif

En parallèle à l’investiture de Jocelyn Beaudoin, l’Association du Bloc québécois de Shefford a tenu son assemblée générale annuelle. Comme le veut la procédure, un nouveau comité exécutif a été formé.

Le président Pierre-Albert Morin est privé d’un vice-président pour le moment puisque le siège est vacant. Il peut toutefois compter sur Jocelyn Beaudoin au poste de secrétaire, ainsi que sur les administrateurs Gaëtanne Dionne, Charles-Émile Couture et Claude Beaudry.