La résilience de David Deslandes

RENCONTRE. David Deslandes est devenu tétraplégique à la suite de la chute d’un arbre au parc Miner à Granby, le 15 juillet 2016. Un an plus tard, l’homme de 42 ans fait preuve d’une incroyable résilience dans son processus de réadaptation.   

«Ma vie a changé du tout au tout ce soir-là. C’était un nouveau départ et une nouvelle vie», concède le Granbyen. Il est d’ailleurs revenu sur la scène de l’événement le 15 juillet dernier avec des amis. «On s’est réuni et nous nous sommes remémoré le fil de l’histoire. Je voulais voir où était l’arbre qui est tombé. Je me suis rendu compte qu’il n’était pas à l’endroit que je pensais. J’ai perdu le sens des perceptions lors de l’accident», confie David Deslandes.

Lorsqu’il s’est réveillé quelques jours après l’effondrement de l’arbre, M. Deslandes craignait de terminer ses jours dans une résidence pour personnes âgées. «Sur le coup, de ne pas pouvoir être autonome à la maison et de ne pas pouvoir prendre mes enfants, ce fut difficile. Un an plus tard, grâce à l’ergothérapie, à la physiothérapie et des exercices, ça m’a beaucoup aidé et j’ai pu revenir seul dans un appartement avec l’aide de préposées», ajoute-t-il. Ce dernier reçoit de l’aide au lever et au coucher notamment et depuis qu’il est de retour à Granby, il a revu ses enfants.

L’homme de 42 ans estime qu’être tétraplégique n’est pas facile au niveau de l’énergie. «On a une banque d’énergie par jour. Elle se renouvelle juste lorsqu’on dort. Il faut faire des choix stratégiques dans ce qu’on veut faire», note-t-il.

Il ajoute qu’il a vu une belle progression au cours de la dernière année. «J’arrive à mettre mon gilet, mon manteau et je peux cuisiner un peu. J’ai eu une belle réadaptation à Montréal. Je suis relativement autonome», lance M. Deslandes.

À la suite de l’événement, il a dû réapprendre de nombreux gestes quotidiens. «J’ai dû réapprendre à me brosser les dents, à me peigner. Ça prend beaucoup de patience être tétraplégique puisque tout est lent. Il n’y a rien de parfait et on doit se satisfaire de ce qu’on est capable de faire», explique celui qui a déjà été chef cuisinier.  

Ce dernier confirme qu’il n’a jamais eu de séquelles psychologiques relativement à l’effondrement de l’arbre. «Je ne m’apitoie pas sur mon sort à revenir toujours à l’événement. Ce qui est arrivé est arrivé. Je regarde vers l’avant. Il faut avancer dans la vie», raconte-t-il.

Sa force: ses enfants

Aux yeux de David Deslandes, ce sont ses enfants qui l’ont sauvé de cette tragédie. «J’ai fait mes exercices dans le but de revenir à la maison, avoue-t-il. C’est sûr que j’ai perdu un an de leurs vies. Ça m’a ébranlé plus que l’accident. Je dois maintenant travailler pour avoir le maximum d’énergie pour avoir mes enfants le plus longtemps possible».

Il souhaite maintenant être capable de suivre ses enfants dans différentes activités. David Deslandes se considère chanceux d’être bien entouré par les membres de sa famille et ses amis. Ce dernier tente maintenant d’avoir accès à des soins de proximité. «Je dois recevoir mes soins de physio à Saint-Hyacinthe et c’est difficile pour le voyagement. Ça coûte cher. On doit trouver des alternatives», conclut-il.