L’art comme outil de mieux-être mental

MIEUX-VIVRE. L’art ne permet pas seulement de libérer sa créativité. Pour certaines personnes, cela contribue à briser l’isolement social et d’être dans un monde sans jugement ni préjugé, telle est la mission de l’organisme Les Impatients. Ceux-ci ont inauguré leurs ateliers d’arts soutenus par le CIUSSS de l’Estrie – CHUS et la Fondation du Centre hospitalier de Granby (CHG) au Centre culturel France-Arbour, mercredi dernier, mais en service depuis septembre 2024.

Ces ateliers de création artistique s’adressent à des personnes vivant avec des enjeux de santé mentale. L’objectif est de favoriser les échanges avec la communauté et de démystifier la santé mentale par l’entremise d’événements de diffusion tels que les expositions.

« Concrètement, les participants sont accueillis par une artiste-responsable qui offre de la création artistique, donc ce n’est pas de la thérapie. […] Ils créent tout en étant accompagnés par cette personne. C’est le processus de création qui fait du bien », a indiqué le directeur général (DG) des Impatients, Frédéric Palardy.

Également secrétaire de l’organisme, il affirme que ces ateliers aident les participants à éviter certains jugements négatifs du milieu psychiatrique. Selon lui, des étiquettes sont encore trop souvent apposées aux personnes vivant avec des enjeux de santé mentale.

« On valorise les gens, on a du fun, on crée de belles affaires qu’on est fiers de montrer! », a expliqué M. Palardy.

Services

À Granby, les disciplines artistiques pratiquées incluent le 2D, le 3D, le dessin, la peinture et la bande dessinée. La musique n’y est toutefois pas offerte.

« C’est toujours un peu plus complexe d’en partir de ce genre [des ateliers de musique] au Québec. On en a quelques-uns à travers la province. L’enjeu est surtout relié au coût des instruments », a-t-il admis.

La demande pour la mise en place d’ateliers des Impatients est très forte au Québec. C’est la Fondation du CHG, par l’entremise de gestionnaires et de psychologues de l’établissement, qui a proposé à l’association de s’implanter à Granby.

« Ça vient souvent des hôpitaux et des jeunes de la région [la demande] », a fait savoir Frédéric Palardy.

Reconnaissance

Fondé en 1992, l’organisme Les Impatients constate une évolution de la sensibilisation aux enjeux de santé mentale. Jadis tabous, ces enjeux sont aujourd’hui davantage reconnus.

« On les démystifie mieux aujourd’hui. Cependant, même si les gens en parlent bien plus [des enjeux de santé mentale], il reste quand même des tabous à briser. Le cheminement est quand même extraordinaire. […] Avant, les personnes se cachaient pour aller dans les ateliers parce que c’était identifié comme étant pour la santé mentale. Heureusement, ce n’est plus le cas aujourd’hui », avoue le fils de la cofondatrice Lorraine B. Palardy.