Le Léman pour Brigitte
SOLIDARITÉ. Se jeter à l’eau dans l’un des plus célèbres lacs d’Europe afin d’amasser des fonds pour la recherche sur le sarcome, un cancer rare et particulièrement difficile à diagnostiquer. Voilà le défi que s’est lancé Michèle Ashton. À 62 ans, cette Granbyenne d’adoption prévoit traverser le lac Léman, en Suisse, en septembre prochain. Par ce geste, elle souhaite soutenir sa grande amie Brigitte Beauchamp, aujourd’hui en phase terminale après avoir mené un courageux combat de deux ans contre la maladie.
La retraite de Brigitte Beauchamp, qu’elle imaginait active et remplie de projets, a brusquement basculé à la suite d’un diagnostic de cancer. En excellente condition physique et passionnée de triathlon, la sexagénaire avait quitté Montréal pour s’établir dans les Cantons-de-l’Est et profiter pleinement de cette nouvelle étape de sa vie à Granby. Ce qu’elle croyait être une simple blessure sportive s’est toutefois révélé beaucoup plus grave. Après plusieurs mois d’examens et de recherches diagnostiques, les médecins d’un centre spécialisé lui annoncent qu’elle est atteinte d’un sarcome des tissus mous à une jambe. La maladie, déjà avancée, est diagnostiquée au stade 3.
Malgré sa détermination et les traitements entrepris, Brigitte Beauchamp ne parvient pas à freiner la progression de la maladie. En mai 2025, un nouveau diagnostic vient assombrir davantage le pronostic: des métastases sont détectées aux poumons. Devant l’avancée du cancer, la sexagénaire choisit alors de mettre fin aux traitements curatifs et de se tourner vers les soins palliatifs.
Mais le geste de son amie, qui nagera pour elle lors d’une collecte de fonds, lui apporte malgré tout un moment de réconfort. «J’en ai encore les larmes aux yeux. C’est intense comme nouvelle», raconte la dame. «Je ne pensais pas qu’on ferait ça pour moi», ajoute-t-elle.
Consciente de l’évolution de la maladie depuis un an, Brigitte Beauchamp se prépare progressivement à la suite des choses. D’abord et avant tout, elle souhaite sensibiliser la population à ce cancer insidieux qui touche en moyenne 300 personnes chaque année au Québec. Une masse anormale et inhabituelle fait son apparition: «Investiguez», insiste la Granbyenne.
À présent, son plus grand rêve est de pouvoir assister, même à distance, à l’exploit sportif que son amie Michèle s’apprête à relever. «Mon souhait, c’est d’être là», confie la dame.
Entre cinq et six heures
«Brigitte, son histoire me touche tellement qu’un bon soir, je lui ai lancée: je vais faire quelque chose pour toi», avoue Michèle Ashton. Et ce quelque chose s’est traduit par une cueillette d’argents (plus de 9000 $ déjà récoltés) et l’organisation d’une traversée du lac Léman.
Situé à la frontière entre la Suisse et la France, le lac Léman (NDLR: quatrième plus gros lac d’Europe) représente un sapré défi pour Michèle Ashton: une distance d’environ 13 km à la nage à franchir dans un délai de cinq, six heures. À l’entrainement en vue de son rendez-vous prévu pour la première semaine de septembre, la nageuse est prête à tout pour honorer son engagement envers son amie.
«Brigitte, je la trouve très forte. Elle a toute mon admiration (…). En vieillissant, je me rends compte du privilège d’être en santé et il faut le réaliser», laisse entendre Mme Ashton.
Une fois le départ donné, Michèle Ashton puisera notamment sa motivation dans le courage de son amie Brigitte. «Ma nage sera émotive, mais je sais qu’elle sera avec moi.»
Rappelons que tous les dons seront versés à la Fondation de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont afin de financer la recherche sur le sarcome.
