Le SERY amputé de 54 000 $

IMMIGRATION. Solidarité ethnique régionale de la Yamaska a été amputé de subventions de l’ordre de 54 000 $. L’organisme qui vient en aide aux nouveaux arrivants s’explique mal le geste posé par le ministère de l’Immigration du Québec.

À l’origine, le SERY devait ratifier un protocole d’entente pour le 1er juillet dernier, mais le document a plutôt été signé à la fin du mois de juillet.

«On a eu des nouvelles comme quoi nous étions amputés de plus de 50 000 $. Nos cibles avaient diminué de 20 %. C’est assez drastique comme coupure. C’est déjà difficile de survivre (…) et un tel montant sur un budget global, ça fait mal», raconte avec émotion la directrice générale de SERY, Joanne Ouellette.

D’autres organismes œuvrant dans le même domaine ailleurs au Québec auraient également subi un sort pareil. Dans certains cas, la coupe a été de 30 %. «Nous n’avons eu aucune raison pour laquelle nous avons été ciblé. Ils ont juste diminué le nombre de personnes immigrantes», ajoute-t-elle.

La principale intéressée avoue avoir fait son enquête auprès du gouvernement de Justin Trudeau afin de savoir si c’était Ottawa qui avait touché à la subvention. «On m’a dit que ce n’était pas le fédéral qui avait coupé. Les libéraux auraient même haussé les montants accordés en immigration pour le Québec. Je ne sais pas où vont les sous, mais les organismes sont pénalisés», renchérit-elle.

Aux yeux de la DG de SERY, le gouvernement Couillard aurait décidé d’accueillir moins d’immigrants.  

Un long processus

Joanne Ouellette est consciente que le processus d’immigration peut parfois être long. «Il y a beaucoup de gens sur les listes d’attente qui passent par le bon chemin. Les gens sont pigés au sort. Tu envoies une demande pour faire venir quelqu’un et ça coûte cher. J’espère que ça ne coupera pas l’arrivée des gens qui passent par les voies normales», admet-elle.

Pour le moment, le gouvernement du Québec n’aurait pas approché le SERY ou la Ville de Granby pour accueillir des Haïtiens. «Je ne sais pas s’ils vont les garder à Montréal. C’est décevant. Québec nous a demandé de faire un effort supplémentaire pour accueillir les Syriens. On a dit oui et tout à coup, ils n’ont plus besoin de nous et on nous coupe de l’argent», explique la directrice générale de SERY.

Elle concède que son organisation a dû plier à la demande du gouvernement afin que les Syriens puissent venir à Granby. «Je suis déçue. On revient quatre ans en arrière dans nos façons de fonctionner. Je ne sais pas ce qui se passe au ministère de l’Immigration. On n’a pas de réponse et nous n’avons pas de commentaires de la ministre», estime Mme Ouellette.

Pour l’instant, aucune rencontre n’est prévue entre l’organisme SERY et le gouvernement du Québec. «Une personne du ministère devait venir nous expliquer la raison de la coupure. Elle n’est jamais venue. Ça devrait aller à l’automne. On est là et on attend», conclut-elle.