Mouvement de mobilisation dans le communautaire
SOCIÉTÉ. En 2023, près de 29 000 participations individuelles ont été enregistrées par une quarantaine d’organismes communautaires de la Haute-Yamaska, selon les conclusions d’une étude socioéconomique réalisée par la Corporation de développement communautaire de la Haute-Yamaska (CDCHY). Deux ans plus tard, les travailleurs et les travailleuses du communautaire sont plus unis que jamais malgré les défis sociaux multiples.
Mercredi midi, des représentants du communautaire sont sortis sur le trottoir devant le Centre communautaire Richard-Goulet pour réitérer l’importance de leur mission dans la communauté. Une mobilisation qui s’inscrivait dans le cadre de la Semaine nationale de l’Action communautaire autonome (ACA).
«Aujourd’hui, notre objectif, c’est de continuer à faire reconnaître et connaître l’action communautaire autonome comme un vecteur de changements sociaux pour notre société. À travers le Québec, il y a 5000 organismes qui se mobilisent aujourd’hui pour faire connaître l’ACA et ses enjeux», a indiqué le directeur général de la CDCHY, Nicolas Luppens.
À la CDCHY, 71 membres animent le milieu communautaire local et régional à travers leurs activités aide directe aux citoyens, mise en place de groupes d’entraide, expertise apportée à des partenaires et aux administrations municipales.
«On met en lumière nos origines, notre essence propre, notre travail essentiel et distinct joué par les organismes communautaires autonomes. Dans un contexte social en crise et les nombreux défis économiques et environnementaux à venir, nous tenons à souligner tout ce qui est réalisé par les travailleurs et les travailleuses du communautaire qui s’investissent, corps et âme chaque jour, pour bâtir des communautés plus inclusives, solidaires et résilientes», a pour sa part déclaré Véronique Couture, de la Maison d’hébergement RSSM.
Selon la CDCHY, les gestes posés au quotidien par le communautaire font oeuvre utile pour l’ensemble de la collectivité. À juste titre, Patrick Fournier, conseiller chez Pro-Def Estrie (défense des droits des personnes vivant ou ayant vécu avec un problème de santé mentale) a évoqué le rôle joué par son organisme dans le dossier de la loi P-38 (la garde d’urgence en établissement de santé mentale). «De faire partie de l’ACA, ça nous a permis de faire un recours collectif en lien avec la loi P-38 et de le gagner. Avec cette loi, les gens sont généralement hospitalisés durant 72 heures et ce délai était souvent dépassé. Et grâce à notre action, on a eu gain de cause.»
Même son de cloche à l’Association des personnes aphasiques Granby et région (APAG) qui est intervenue auprès de la Ville de Granby. «Avec nos membres, on a étudié la politique d’accessibilité universelle de la Ville et on s’est rendu compte qu’il manquait un handicap invisible: l’aphasie. On a pris un rendez-vous avec les gens de la Ville pour leur souligner cet oubli et des actions ont ensuite été prises», a souligné la directrice générale de l’organisme, Diane T. Charette.
Toujours des défis
Mais pour maintenir la cadence, le milieu communautaire aura besoin d’une aide financière bonifiée en provenance de Québec. Un voeu maintes fois renouvelé par la CDCHY ces dernières années. Et à moins d’un an de la prochaine élection provinciale, le message demeure le même.
«Dans l’étude d’impact socioéconomique, on est arrivé au constat que ça prenait une moyenne de 130 000 $ supplémentaires par organisme», a laissé entendre M. Luppens.
Concernant la rétention du personnel dans le milieu communautaire, l’hémorragie serait sous contrôle. Du moins pour l’heure. «Ça s’est un peu amélioré dans la dernière année, il y a une légère amélioration. Mais c’est plus difficile pour les organismes qui ont moins de moyens financiers», a confié le porte-parole de la CDCHY.
«La CAQ a quand même fait quelques efforts en début de mandat, mais ça reste insuffisant par rapport aux besoins (…). S’il y a un changement de gouvernement, on a espoir évidemment de voir un changement de cap et qu’il y ait un réinvestissement massif dans les organismes», a conclu Nicolas Luppens.
