O’Bloc veut faire grimper les Granbyens

ENTREPRENEURIAT. Les amis d’enfance Pascal Rodrigue et Tommy Carmel n’ont guère le temps de boire une simple bière ensemble par les temps qui courent: les jeunes entrepreneurs ont ouvert, le 28 avril dernier, O’Bloc. Leur nouveau centre d’escalade de bloc de la rue Dufferin, à Granby, est littéralement victime de son succès.

C’est le premier des deux qui a d’abord développé une passion pour l’escalade de bloc au centre montréalais Allez Up, à l’époque où il complétait ses études universitaires en physiothérapie. De retour en région, Pascal donne littéralement la piqûre à Tommy, qui devient à son tour un adepte. Les centres les plus près et entièrement dédiés au bloc sont alors situés à Sherbrooke et à La Prairie.

C’est le début, avec ce constat, d’un processus entrepreneurial qui durera près de deux ans et qui mènera les deux pères de famille à concrétiser leur projet dans les anciens entrepôts de Meubles GEMO. Quelque 500 000 $ sont au total investis dans les installations du tandem. En plus des postes occupés par les deux hommes de 29 ans, trois autres emplois sont créés.

Après de nombreux mois de travail, les amis peuvent enfin transmettre leur enthousiasme à de nouveaux apprentis. Lors de la première fin de semaine d’opérations, plus de 600 personnes se sont succédé pour expérimenter cette discipline et se mesurer au mur de 2700 pieds carrés truffé de prises. De 150 à 200 personnes se sont ensuite ruées chaque jour de la semaine suivante, puisque l’admission était gratuite jusqu’au 4 mai.

La réponse des Granbyens s’est avérée très positive. «Tu ne peux pas rester indifférent à une activité comme celle-là. Tout le monde aime ça. C’est très rare que les gens sortent d’ici en disant qu’ils n’ont vraiment pas apprécié», explique M. Carmel.

Contrairement à l’escalade de voie, plus conventionnelle, le bloc pratique sans harnais, corde ou accréditation; des tapis de 14 à 15 pouces sont disposés au sol pour accueillir le grimpeur qui chute ou qui veut amortir sa descente. La hauteur maximale est de 15 pieds.

Atteindre le sommet

Huit à dix parcours au degré de difficulté variable sont accessibles. Atteindre la toute dernière prise fixée à la paroi n’est toutefois pas toujours aussi simple qu’il n’y paraît. «L’idée, c’est de résoudre le problème, de trouver la façon de monter», résume Tommy.

C’est précisément l’énigme qui unit les amateurs et qui apporte un côté social à la discipline. «Il y a toujours un échange de trucs entre les grimpeurs. C’est un sport individuel, mais en réalité, ils se donnent quand même beaucoup d’aide», explique Pascal. Une rotation est d’ailleurs effectuée chaque semaine afin que de nouveaux défis soient offerts ; une équipe d’ouvreurs menée par Étienne Simard se soucie d’imaginer des trajets différents et de valider leur faisabilité.

Résoudre… et forcer

La première tentative n’est jamais la plus agréable, admet Pascal Rodrigue. Des gens éprouvent d’abord une petite peur des hauteurs ou trouvent que l’exercice est ardu au niveau des mains et des bras. «Beaucoup se disent en sortant que ce n’était pas facile», admet Pascal, qui ajoute qu’il ne faut pas pour autant jeter la serviette.

La facilité et l’aisance viennent à force de pratique. «On réalise qu’on gagne rapidement un peu de force dans les bras et qu’on est capable de se rendre d’une fois à l’autre un peu plus loin. C’est là que l’activité devient le fun et que la piqûre arrive», ajoute l’Abbotsfordien.

Exigeant une certaine souplesse et un bon équilibre, le bloc constitue un excellent moyen de garder la forme. «C’est quand même assez physique. Il y a des gens qui vont remplacer leur entraînement au gym par des séances d’escalade», explique Tommy.  Le Gardangeois avoue lui-même ne pas avoir beaucoup d’intérêt pour le fait de «pousser de la fonte» et avoir trouvé son compte dans le bloc. «Ici, c’est comme un jeu», ajoute-t-il.

«Tu es tellement concentré à résoudre le problème, que tu ne te rends pas compte que tu forces», mentionne quant à lui son associé. Notons qu’un parkour a également été érigé dans les locaux de O’Bloc, une activité que les deux promoteurs estiment complémentaire.

Pour plus d’information, consultez le www.oblocescalade.com ou la page Facebook O’Bloc Escalade.