Odeur de grève dans le communautaire
SOLIDARITÉ. Lancé il y a de cela deux ans en Mauricie, le mouvement Communautaire à boutte gagne du terrain même en Haute-Yamaska. À quelques jours du dépôt du prochain budget provincial, nul ne s’étonne de voir les artisans et les artisanes du communautaire prendre le porte-voix pour dénoncer leur situation chancelante. Entre le 23 mars et le 2 avril, une odeur de grève pourrait planer, préviennent-ils.
Précarité financière, épuisement des ressources, coupures de services. Le milieu communautaire québécois traverserait une crise sans précédent selon les porteurs du mouvement.
«Beaucoup de regroupements à travers la province sont favorables à cette campagne qui vise le rehaussement du financement et la reconnaissance des organismes. À la base, c’est parti des organismes et de notre côté, à la CDC (Corporation de développement communautaire de la Haute-Yamaska, on a été sollicité pour appuyer le mouvement», a déclaré le DG de la CDC, Nicolas Luppens.
Comme partout ailleurs, le milieu communautaire yamaskois est en train de se mobiliser. Une cellule locale «Communautaire à boutte» serait sur le point d’être mise sur pied. La nomination d’un ou d’une porte-parole locale ferait également partie du plan de matchs des organismes d’ici impliqués dans le mouvement de contestation. Cependant, on ne parle pas d’une mobilisation généralisée. Chaque organisme est libre de participer ou non à la cause défendue, a laissé entendre Nicolas Luppens.
Un manque à gagner
Le milieu communautaire n’en est pas à ses premières sorties dans la rue pour décrier le sous-financement, dont se disent victimes une manne d’organismes. Selon des chiffres avancés par des intervenants, il manquerait 2,6 milliards de dollars dans le réseau actuel. En Haute-Yamaska, selon une étude réalisée pour le compte de la CDC, le manque à gagner serait de l’ordre de 130 000 $ par organisme.
Sans l’injection de nouveaux capitaux dans le communautaire, des organismes pourraient se retrouver dans de fâcheuses positions, croit Nicolas Luppens, de la CDC Haute-Yamaska. «Le gouvernement n’est pas à l’écoute de nos demandes.»
Des actions prévues
Afin de faire passer son message, le communautaire posera différentes actions entre le 23 mars et le 2 avril allant de la suspension des activités des organismes jusqu’à la manifestation. «C’est clair qu’on veut se faire entendre. C’est vrai qu’il va y avoir des services qui vont être atteints durant le mouvement de grève. Mais si on n’a pas un meilleur financement, on pourrait se retrouver avec des coupures de services à long terme», a affirmé le représentant de la CDC.
À Granby, le débrayage symbolique se mettra donc en branle le 23 mars. Une semaine plus tard, soit le 30 mars, le communautaire doit se rendre au bureau du député François Bonnardel pour manifester, a-t-on appris. Tout juste auparavant, le 27 mars, la famille du communautaire en Estrie doit converger vers Sherbrooke dans le cadre d’une grande mobilisation. Puis, la campagne Communautaire à boutte culminera le 2 avril prochain lors d’une marche populaire du côté de Québec.
