Plaidoyer pour les travailleurs étrangers
MUNICIPAL. Les nouvelles règles du jeu en matière d’immigration établies par Québec et Ottawa plongent les travailleurs étrangers, les communautés et les entreprises qui les accueillent dans l’incertitude. Le départ soudain de cette main-d’oeuvre fait craindre le pire pour l’Union des municipalités du Québec qui demande aux deux gouvernements d’alléger leur position. Une requête endossée par la mairesse de Granby, Julie Bourdon.
Comme ailleurs en province, des entreprises d’ici pourraient perdre du personnel venant d’outre-mer avec l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et l’entrée de nouvelles restrictions du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET). Les nouveaux critères en immigration pour ceux et celles qui sont déjà en sol québécois sont loin de faire l’unanimité auprès de la communauté d’affaires et des élus municipaux.
À l’instar de maires et de mairesses de la province, Julie Bourdon et le conseil municipal joignent leur voix au mouvement lancé par l’UMQ. «Je fais des visites chaque mois dans le parc industriel pour aller voir des entreprises et je m’en fais parler tout le temps», affirme l’élue granbyenne. Face à ce tumulte en immigration, plusieurs dirigeants soutiennent ne rien comprendre à ce réalignement imposé par les gouvernements Legault et Carney, selon la mairesse.
«Nos gens vont-ils devoir quitter? Ils ne le savent pas. Ce n’est pas clair, ça créé de l’incertitude. On peut-tu clarifier le tout (…). Quand j’entends le ministre (Jean-François Roberge) dire que c’est pour éviter aux gens qui ne travaillent pas (…). Pour le moment, ce sont tous des gens, qui travaillent, qui sont pris dans cette spirale.»
Selon un sondage commandé par l’UMQ, 79 % des répondants soutiennent que «la planification de l’immigration doit refléter les besoins de toutes les régions et permettre aux travailleuses et travailleurs établis de rester au Québec.»
Une clause grand-père
Afin de dégager une voie de sortie, la mairesse et ses collègues de l’UMQ réclament une clause grand-père (respect du droit acquis) pour les travailleuses et travailleurs étrangers assujettis au PEQ et au PTET.
«Gardons le droit acquis pour nos travailleurs qui sont déjà dans le système, qui parlent français et qui sont déjà intégrés. Ça ne fait pas de sens de les renvoyer (…). Il y a des crises humaines qui sont en train de se passer.»
Rappelons qu’en mai dernier, une vingtaine d’entreprises québécoises ont intenté une poursuite contre le fédéral afin d’être compensées pour les pertes générées par les modifications apportées au PTET. Parmi les demandeurs, on retrouvait des entreprises granbyennes, dont Durabac et les Produits Belt-Tech.
