Politique environnementale: des actions concrètes réclamées à la Ville de Granby

MUNICIPAL. Des actions concrètes menant à des résultats mesurables en environnement. C’est la principale demande articulée par les Ami.e.s des boisés de Granby aux membres du conseil municipal. Selon le regroupement citoyen, la Stratégie pour un avenir vert et durable dévoilée en 2025 par la Ville doit aller au-delà du document du travail. Et ça passe par des obligations formelles en matière de protection des milieux naturels, soutient le collectif.

“Les bottines doivent suivre les babines”. La populaire expression exprime clairement la position des Ami.e.s des boisés de Granby en ce qui a trait à la préservation des milieux naturels. En d’autres mots, le regroupement invite les élus à passer de la parole aux actes en 2026 et au cours des trois autres années à venir au sujet de la cause environnementale. 

Bien qu’il salue la Stratégie verte (NDLR: cette approche regroupe le Plan de conservation des milieux naturels, le Plan d’adaptation aux changements climatiques et le Guide de foresterie urbaine), l’organisme environnemental, qui entend jouer son rôle de chien de garde, espère beaucoup plus de la part de la Ville.

«En 2026, nos trois chevaux de bataille seront la rivière, les plans d’aménagement d’ensembles (PAE) et les milieux humides», admet Patrick Parent, président des Ami.e.s des boisés de Granby.

La préservation de 73 hectares sur la terre Chasco (le long de la route Jean-Lapierre, au coin de la rue Cowie, la révision des règlements d’urbanisme pour reconnaître les ilots de chaleur et les milieux humides sont des pas dans la bonne direction, juge M. Parent.

«Tous les plans (conservation des milieux naturels, réduction des GES, foresterie, mobilité active, densification, etc.) adoptés par la Ville, on trouve ça excellent. On voit qu’il y a une volonté d’aller de l’avant pour protéger les milieux», indique le président des Ami.e.s des boisés de Granby.

«Nous, ce qui nous préoccupe notamment c’est les PAE (NDLR: ce sont six milieux naturels situés en zone d’urbanisation). Les PAE, selon nous, il faudrait les garder au complet parce qu’ils font partie du périmètre urbain. Ces petits boisés sont des petits bijoux», renchérit Patrick Parent. Le porte-parole des Ami.e.s dit également craindre la disparition de certains d’entre eux. Pour garantir leur avenir, ces espaces naturels devraient être soumis à des études d’impact «rigoureuses» et «indépendantes.»

Leurs demandes

Afin de préserver davantage l’environnement, l’établissement des bandes riveraines de 30 à 50 mètres pour la rivière Yamaska Nord et la protection de l’intégralité des rives de la rivière à perpétuité devraient être des priorités pour la Ville. «Les 282 km de cours d’eau de notre territoire identifiés dans le Plan de conservation des milieux naturels méritent mieux que le 10 mètres de bandes riveraines prescrit par les lois provinciales», allègue le collectif.

Pour les  Ami.e.s, il serait aussi important qu’il y ait une certaine cohérence entre les projets de plantation et le Guide de foresterie urbaine. «Nous appuyons les projets de plantations de végétaux indigènes, en particulier dans les quartiers où la canopée est faible ou absente afin de diminuer les îlots de chaleur. Mais il faut d’abord assurer le maintien de nos arbres matures présents depuis des dizaines d’années voire une centaine d’années et remplacer chaque arbre abattu.»

Autre point à prendre en considération dans la mise en oeuvre de la Stratégie pour un avenir vert et durable, selon les Ami.e.s: des actions à réaliser selon un échéancier et basées sur des prévisions budgétaires. «Nous, on considère que les citoyens sont en droit de connaître ce qui s’en vient, c’est quoi les objectifs, à quel moment ça va être réalisé, c’est quoi le budget (…). On veut des indicateurs mesurables pour voir s’il y a des succès», manifeste M. Parent.