Quand la salamandre pourpre reflète l’état de santé d’un milieu naturel

ENVIRONNEMENT. Qu’ont en commun le Canton de Shefford et Saint-Joachim-de-Shefford? Les deux municipalités de la Haute-Yamaska abriteraient des populations de salamandres pourpres. Même si cet amphibien a déjà été observé dans la région, sa survie dans les milieux naturels demeure précaire, estime Symbiose Nature, qui amorce un projet visant le rétablissement de l’espèce d’ici 2030.

Grâce à l’appui de plusieurs partenaires financiers, dont la Fondation pour la biodiversité et la faune du Québec, Symbiose Nature mènera une étude terrain au cours des deux prochaines années dans les deux municipalités. Cette première étape (2026-2028) du projet visera notamment à recenser les populations de salamandres pourpres, à repérer les infrastructures pouvant nuire à leur habitat — comme certains ponceaux — et à élaborer un plan de restauration.

“Dans ce cas-ci, pour cette première phase, on est plus dans l’acquisition de connaissances et la planification à travers la réalisation d’inventaires des salamandres et des pressions sur leurs habitats”, explique Joaquin Riesgo, coordonnateur en conservation stratégique et biodiversité chez Symbiose Nature.

Au terme de cet exercice, un plan sera élaboré afin d’établir une série d’interventions pour restaurer les habitats occupés par les salamandres pourpres. Pour la seconde phase (2028-2030), l’organisme souhaite intervenir sur au moins quatre sites prioritaires incluant notamment des actions de stabilisation des berges, de revégétalisation et d’amélioration de ponceaux.

Les propriétaires et les acteurs municipaux seront aussi mobilisés tout au long de la démarche grâce à la distribution de cahiers d’information, à des activités de communication ainsi qu’à des ateliers de transfert de connaissances visant à assurer la pérennité des actions entreprises.

Une espèce vulnérable

La présence de ce petit être vivant désigné comme vulnérable au Québec se veut un bon indicateur de l’état de santé des ruisseaux de tête de bassin versant. En raison d’activités humaines, plusieurs habitats prisés par la salamandre pourpre sont malmenés. Et les conséquences sont importantes pour cette espèce qui respire, entre autres, par la peau et qui ne se plait guère dans les endroits secs.

“Si on améliore les habitats de la salamandre pourpre, on améliore par le fait même celui des autres espèces qui vivent dans les mêmes milieux”, mentionne M. Riesgo.

Un écosystème en meilleure santé, favorable aux salamandres, se traduit aussi par un environnement plus sain pour les humains, l’eau étant essentielle à la survie et à la préservation de toutes les espèces.