Radariste: un travail qui va bien au-delà du cinémomètre

SÉCURITÉ. Plusieurs personnes tendent à penser que la seule tâche d’un radariste n’est que de pointer leur cinémomètre sur les véhicules. Or, il existe tout un processus avant, pendant et après une intervention, que ce soit le choix de l’emplacement, l’appareil utilisé, le seuil de tolérance du patrouilleur et rédiger un rapport. Le GranbyExpress s’est intéressé à ce métier souvent critiqué afin de mieux comprendre leur quotidien, en plus de suivre le Service de police de Granby (SPG) dans une opération du genre et de déconstruire des mythes.

Q: –À quoi ressemble une journée typique pour un radariste ?

R (William Beaudry, agent sociocommunautaire et radariste au SPG): « Je réponds d’abord aux appels prioritaires, comme les accidents, les crimes ou les plaintes citoyennes. Quand le volume d’appels le permet, je me rends disponible pour une opération de contrôle de vitesse. Je choisis le secteur selon les tendances routières ou les plaintes reçues, puis je m’assure d’avoir une bonne visibilité pour effectuer le contrôle.

Si je suis avec des collègues, un policier opère le radar et un autre intercepte les contrevenants. Si je suis seul, je reste dans mon véhicule afin de pouvoir intervenir rapidement lorsqu’un excès de vitesse est détecté.

La durée de l’opération dépend du nombre d’appels à traiter. Ensuite, je retourne au poste pour rédiger le rapport d’intervention. »

Q: — Justement, quelles sont les zones les plus souvent visées ?

R (Éric Beaumont, sergent à la sécurité des milieux et relations communautaires): « Les zones scolaires demeurent une priorité, puisqu’elles sont particulièrement sensibles. Au fil des années, nous y avons effectué de nombreuses interventions à la demande de la population. Même si les comportements se sont améliorés, il reste encore du travail à faire. Nous faisons donc preuve de moins de tolérance dans ces secteurs, comme dans les quartiers résidentiels, afin d’assurer la sécurité des enfants et des citoyens.

De façon générale, lorsque nous recevons plusieurs plaintes concernant un endroit précis, nous concentrons davantage nos interventions dans ce secteur. »

Q: –On entend souvent parler du fameux « seuil de tolérance » d’un radariste. Plusieurs se demandent quelle est la vraie limite. Donc, quel est le seuil de tolérance ?

R (Marc Farand, agent à la prévention et aux relations communautaires): « Le policier a le pouvoir discrétionnaire de donner un constat d’infraction ou non. Ce pouvoir discrétionnaire est individuel à chaque policier. Ça peut généralement aller à cinq, dix ou 15 kilomètres à l’heure au-dessus de la limite de vitesse réelle. Il y a toutefois certaines choses qui entrent en ligne de compte lorsque vient le temps de décider du seuil de tolérance. Ça va être en fonction des valeurs du policier, son histoire, son éducation, l’état de la chaussée, le flot de circulation, l’heure de la journée.

Cependant, quand on fait des opérations nationales concertées ou qu’on est dans une zone scolaire, là, il n’y a pratiquement pas de seuil de tolérance. »

Q: –Est-ce que la vitesse indiquée sur vos appareils est précise à 100 % ?

R (Éric Beaumont): « Les policiers suivent une semaine de formation pour apprendre à utiliser les appareils cinémométriques, soit deux jours de théorie et trois jours de pratique. Ils doivent également suivre une requalification tous les cinq ans.

Avant, pendant et après chaque quart de travail, ils effectuent des tests pour vérifier le bon fonctionnement de l’appareil. Selon le modèle utilisé, celui-ci peut détecter des véhicules jusqu’à environ 500 mètres. »

Q: –Quelles sont les fausses perceptions que vous entendez le plus ?

R (Éric Beaumont et Marc Farand): « Certaines personnes croient qu’elles ne peuvent être détectées qu’en passant devant une autopatrouille, alors que les appareils peuvent aussi fonctionner lorsque le véhicule de police est en mouvement.

[…] D’autres pensent avoir le droit de voir l’affichage de l’appareil cinémométrique ou encore que les policiers ne peuvent pas être dissimulés lors d’une opération et doivent obligatoirement porter une veste de sécurité pour effectuer une interception. Ce n’est pas le cas. »

Q: –Qu’est-ce qui est le mieux: attraper des contrevenants ou voir des gens bien conduire ?

R (Éric Beaumont et Marc Farand): « Dans un monde idéal, nous n’aurions pas à remettre de constats d’infraction. Malheureusement, le nombre de décès sur les routes demeure préoccupant, notamment pendant les vacances de la construction. […] Les règles du Code de la sécurité routière ont été mises en place pour prévenir les accidents, les blessures et les décès. L’objectif des constats n’est pas de remplir les coffres de la Ville de Granby, mais de corriger les comportements à risque afin qu’ils ne se répètent pas. Les points d’inaptitude font partie de cette démarche de prévention. »