Repenser l’aide aux devoirs autrement à l’école Sainte-Famille
ÉDUCATION. Les innovations se font de plus en plus fréquentes dans les écoles de nos jours. Entre des classes de plein air et une cour plus verte, l’école Sainte-Famille fait l’objet d’une autre nouveauté: un programme parascolaire d’aide aux devoirs nommé L’École des Grands. Cette initiative, chapeautée par l’organisme Fondation W, vise à soutenir la réussite éducative d’enfants vulnérables tout en offrant aux étudiants du Cégep de Granby une expérience de mentor enrichissante, formatrice et valorisante.
La mesure s’adresse aux élèves du primaire, de la première à la sixième année. Les activités se dérouleront dans les classes et laboratoires du Cégep de Granby, de 8h30 à 12h30, les samedis matin, du 14 février au 25 avril 2026.
Grâce à un soutien financier de 20 000 $ du Pôle régional en enseignement supérieur –Estrie (PRESE) et de 5 000 $ de Fondation W pour la cohorte de cet hiver, le programme est entièrement gratuit pour les familles. De plus, les élèves participants bénéficieront d’un déjeuner et d’une collation sur place.
Deux types d’implication seront proposés aux mentors: de l’aide aux devoirs en français et en mathématiques, puis des ateliers d’éveil scientifique à la programmation informatique.
Un “bon” hasard
L’idée d’un tel projet a germé en décembre 2024. L’enseignante retraitée de l’école Sainte-Famille, Chantal Beauchemin, avait été impressionnée par le passage à l’émission Y’a du monde à messe (diffusée à Télé-Québec) de la directrice générale (DG) de Fondation W, Alisha Wissanji. Celle-ci avait justement parlé de ce même projet. Mme Beauchemin l’a ensuite approché.
La préparation de cette initiative a débuté le mois suivant. “En un an, on a réussi à tous se parler, former les gens et être prêts à déployer le programme très bientôt. Ç’a été un processus assez rapide”, a admis Mme Wissanji.
Rigueur
Des programmes d’aide aux devoirs, on en voit dans plusieurs écoles de la province. Qu’est-ce qui distingue celui de la Granbyenne d’origine, fondé il y a dix ans et présent dans 25 cégeps et universités du Québec et de l’Ontario ?
“Il existe des centaines de programmes, puis on ne sait pas si l’argent, les ressources et les efforts investis servent à quelque chose. Il y a des rapports qui le disent: il y a un manque criant de mesures concrètes. C’est pour ça que nous, dès le début, c’est important de mesurer l’impact chez les enfants et les collégiens, mais de manière quantitative et statistiquement significative, chiffres à l’appui. Pas Mélissa, quatre ans, qui trouve que ça lui fait du bien”, a expliqué l’enseignante en Sciences de la nature au Cégep Marie-Victorin.
Ainsi, le bulletin de chacun des élèves de la cohorte de L’École des Grands est comparé avec les notes d’autres camarades de leur établissement scolaire qui n’ont pas participé à cette initiative, en plus de leur groupe scolaire, leur même sexe et leur même moyenne générale.
Les impacts sont aussi mesurés au niveau des mentors, c’est-à-dire les étudiants collégiaux.
“C’est vraiment une analyse rigoureuse. On vient comparer des indicateurs entre les collégiens qui sont très impliqués dans la vie étudiante et ceux qui ne le sont pas. On voit que pour les étudiants qui ont le même niveau de motivation ou d’engagement [entre un étudiant impliqué dans la vie étudiante et un qui ne l’est pas], les nôtres améliorent plus leur réussite éducative que ceux qui ne sont pas engagés”, a fait savoir Alisha Wissanji.
Déjà un succès à l’avance
Force est de constater que ce programme a créé un réel engouement auprès des jeunes du Cégep de Granby. Les organisateurs de ce programme avaient comme objectif d’attirer 22 mentors. La période des inscriptions a commencé le 20 janvier et comptait déjà… 12 mentors confirmés.
“On a observé trois profils d’étudiants parmi nos mentors confirmés: ceux qui ont l’engagement étudiant à cœur, ceux qui cherchent à orienter leur choix de carrière ou confirmer un intérêt, puis ceux qui viennent d’un milieu défavorisé ou qui ont déjà eu des difficultés scolaires et qui veulent redonner au suivant. […] Du côté des élèves du primaire, on voit surtout des écoliers qui ont des notes oscillant de 50 % à 70 % dans une ou plusieurs matières”, a mentionné la DG de Fondation W.
Le projet n’est pas pour une année seulement. Ses organisateurs veulent en assurer la pérennité. Toutefois, un plus grand nombre de partenaires sera nécessaire, selon la directrice des affaires étudiantes et des services à la communauté au Cégep de Granby, Isabelle Giard.
