S’intégrer au Québec… dans sa bulle
ÉDUCATION. Des capsules pédagogiques en réalité virtuelle pour faciliter l’intégration de nouveaux arrivants au Québec verront le jour prochainement grâce à une collaboration entre le Cégep de Granby et le Collège d’Alma. Un projet d’un montant total de 500 000 $, dont la somme est entièrement assumée par la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT), après que l’initiative a été retenue dans un appel de projets de ce bureau gouvernemental.
Le CPMT n’assume que très rarement toutes les dépenses liées à un projet. « Généralement, le financement de leur part va varier entre 60 % et 80 %. Dans ce cas-ci, c’est vraiment exceptionnel. C’est quelque chose de beau et ils ont été vraiment séduits », a affirmé l’enseignant-chercheur à la cellule de recherche EXR au Collège d’Alma, Martin Maltais.
C’est le Collège d’Alma qui avait soumis l’idée de projet au CPMT. De son côté, le Cégep de Granby s’occupe de la scénarisation, le choix des thématiques abordées et le tournage, alors que son partenaire a fourni quelques acteurs et des équipes aux volets technique et de diversité, équité et inclusion (DEI). L’établissement almatois se chargera principalement de la phase de postproduction et de montage. Commencés en mai dernier, les travaux se concluront en juin prochain.
Faire les choses différemment
De façon concrète, c’est une vingtaine de capsules immersives et interactives qui sont réalisées dans les locaux du programme de génie mécanique. Elles permettront de faciliter l’intégration de nouveaux arrivants dans plusieurs domaines, surtout l’école et le marché du travail.
Les personnes auront l’opportunité de plonger dans des mises en situation scénarisées et contextualisées d’aspects de la vie de tous les jours, comme les comportements à adopter lors d’une journée d’école ou à l’emploi, de même qu’apprendre des expressions québécoises.
« On va offrir une série de possibilités à la personne. […] Ça va même plus loin que ça, car il y aura aussi de la reconnaissance vocale qui va reproduire un verbatim de l’interaction que l’individu a eu avec le système. […] Également, le tout va fonctionner par étapes. Par exemple, si un étudiant a sauté la sixième étape dans un volet axé sur l’éducation, on va lui dire qu’il y aurait eu telle ou telle conséquence s’il s’était présenté à son cours », a détaillé M. Maltais.
Il était important de rendre l’initiative ludique, question de ne pas avoir un produit monotone. « On s’est dit qu’on ne voulait pas faire des capsules de huit minutes de démonstration trop sérieuse. On essaie de mettre des choses drôles et fun. […] Puis, l’interactivité, ça fait que ça ressemble un peu à un jeu. […] Les jeunes d’aujourd’hui sont bien accrochés sur les jeux vidéo, donc on veut faire sentir aux gens que ç’a l’air un peu de ça », a expliqué l’enseignant en génie industriel au Cégep de Granby, Richard Robert.
Une multitude de possibilités
Robert poursuit en n’excluant pas d’intégrer un système de pointage ou de vies au cours des capsules.
Les deux collèges n’en sont pas à leur première collaboration. Ils ont commencé à travailler ensemble sur des capsules immersives en réalité virtuelle destinées à des étudiants dans le programme technique de tourisme. Le but était de développer leur capacité en langue seconde.
Un partenariat solide
Un autre projet collaboratif se fait en même temps que celui axé sur l’intégration des nouveaux arrivants. Il porte sur le développement de l’empathie chez les jeunes en milieu professionnel.
Ces capsules ont des impacts positifs sur les gens, dont des étudiants, notamment sur leur taux de réussite et leur confiance en soi.
« Une des participantes fait partie de mes élèves dans mes classes d’anglais. Elle est habituellement très réservée. Cependant, depuis qu’elle participe, elle se dégêne de plus en plus et sort de sa coquille. […] Également, il y a quelques semaines, j’avais un étudiant qui en arrachait en anglais. Je lui disais qu’il était capable de bien progresser. Il s’est mis ensuite à regarder les capsules d’anglais en réalité virtuelle. Aujourd’hui, il est capable d’avoir au-dessus de 80 % », conclut l’enseignante d’anglais au Cégep de Granby, Joy Blake.
