Un nouveau régime de production chez Tremcar
AFFAIRES. Des robots soudeurs, des découpeuses automatiques, des appareils de levage surdimensionnés. Pour sa nouvelle usine construite à Granby, le fabricant de citernes et de camions-citernes, Tremcar, vient de mettre le paquet pour s’assurer d’avoir une cadence de production réglée au quart de tour. Cette stratégie adoptée pour faire face à la concurrence nord-américaine est toutefois assortie d’un investissement total de près de 38 M$.
Pour donner vie à ce projet industriel érigé sur la rue Arthur-Danis, l’entreprise de Saint-Jean-Sur-Richelieu est allée cogner à la porte de Québec qui lui a consenti 19 M$. Cette contribution du gouvernement provincial provient des fonds propres d’Investissement Québec (IQ) sous forme d’un prêt de 11 250 000 $. À cette aide s’ajoute également un deuxième prêt de 7,5 M$ par l’entremise du programme ESSOR-volet 2.
«Nous sommes fiers de soutenir Tremcar dans ce projet d’usine innovante à Granby. Dans un contexte d’incertitudes économiques et un marché des transports en forte transformation à l’échelle nord-américaine et mondiale, nous avons les outils pour permettre aux entrepreneurs d’ici de se démarquer et d’atteindre leurs objectifs d’affaires, tout en stimulant le développement économique de nos régions», a indiqué Bicha Ngo, présidente-directrice générale d’Investissement Québec.
Géré par IQ, le programme ESSOR permet aux entreprises bénéficiaires d’augmenter leur productivité par l’acquisition de nouvelles technologies ou de réduire leur empreinte environnementale.
Jeudi matin, le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Jean Boulet, a fait le voyage jusqu’à Granby pour annoncer le soutien financier attribué au manufacturier spécialisé dans la transformation de l’acier inoxydable et de l’aluminium. «Tremcar, au Québec, c’est 400 emplois et c’est aussi des opérations qui vont être consolidées ici au Québec dans un secteur qui est stratégique», a évoqué le ministre en point de presse.
«On sait à quel point les PME jouent un rôle important au Québec. Ce sont des créateurs de richesse, c’est un peu plus de 50 % du produit intérieur brut (…). Et dans le contexte nord-américain et géopolitique actuel, je considère que le programme ESSOR est un levier extrêmement important», a renchéri le ministre de l’Économie.
Performance accrue
Avec cette nouvelle installation industrielle à la fine pointe de la technologie, dont la vitesse de croisière devrait être atteinte d’ici 12 mois, Tremcar prévoit multiplier sa production par quatre en plus de réduire le nombre d’heures consacré aux citernes de 10 à 15 %. Qui plus est, le fabricant de citernes doit aussi conjuguer avec les aléas du recrutement de main-d’oeuvre. Quitter les espaces exigus de l’usine de Saint-Césaire vers un bâtiment tout neuf équipé des meilleurs équipements de production s’inscrivait dans la vision du président de Tremcar, Daniel Tremblay.
«La conception de l’usine a été faite en fonction de l’efficacité pour être capable d’augmenter la valeur ajoutée pour chaque heure travaillée. Pour un entrepreneur, quand on sait que la main-d’oeuvre est une ressource limitée, il faut que chaque heure soit le plus efficace possible», a déclaré l’homme d’affaires.
Alors que la compétition nord-américaine fait le choix d’investir au Mexique pour minimiser les coûts de production, Daniel Tremblay et Tremcar voient le futur de l’industrie sous un autre angle avec des investissements au Québec notamment à Granby.
«Nous, on a fait le pari en s’installant à Granby qu’on était capable de doubler notre production avec les mêmes personnes», a mentionné le patron de Tremcar.
Outre le marché canadien, américain et mexicain, Tremcar expédie ses produits également en Amérique centrale et dans les Caraïbes.
