Un prix et des chantiers pour la Cidrerie Milton

AFFAIRES. Prix pour son cidre Ami Imaginaire, automatisation, plan d’exportation, préparation des célébrations du centenaire. Tout roule à merveille dans le royaume des pommes de la Cidrerie Milton. Fanatique d’innovation et pourfendeur du statu quo, ce ne sont pas les projets et les accomplissements qui manquent pour son propriétaire Marc-Antoine Lasnier.

Lancé l’été dernier, le cidre plat Ami Imaginaire (dont le goût se rapproche du vin blanc) a récemment reçu toute une distinction en étant nommé parmi les 20 meilleurs cidres québécois, selon l’Association des producteurs de cidre du Québec (PCQ).

Cette boisson marque une première pour l’entreprise de Sainte-Cécile-de-Milton, non pas par ses prix, mais par son type de cidre.

« Avec la pomme, les gens sont moins habitués de passer à la table. L’objectif était de s’y rendre. […] On voulait quelque chose avec plus de finesse, de fraicheur et pas trop sucré, comme c’est le cas avec les vins alsaciens et autrichiens. Ainsi, on a incorporé plus de tanins [molécules qui permettent d’éviter que le cidre soit aqueux; lui donne du goût et la sensation de sécheresse sur la langue], plus de structure, donc capable d’accompagner un repas », a expliqué M. Lasnier.

Adoucir

Pour convaincre davantage, l’entreprise a décidé de ne pas mettre des bulles et de laisser le tanin créer cette sensation de sécheresse sur la langue. Un fait rare considérant que 95 % de ses produits commercialisés en contiennent.

Contrairement à des vins blancs qui possèdent un taux d’alcool de 12 %, Cidrerie Milton propose un cidre avec une teneur de 7 %.

« Ça devient une option intéressante [notre taux d’alcool à 7 %]. On se sent moins boozy qu’un vin à plus de 10 %. Donc, la pomme a cet avantage-là [d’être un peu moins forte en alcool] », a mentionné le président de la PME.

Regorger de créativité

Du côté des projets de l’entreprise, Marc-Antoine Lasnier déborde toujours d’idées. Il a donc le luxe de choisir dans sa longue liste ou de repousser.

Parmi ses chantiers, une grande phase d’automatisation des récoltes et de la ligne de production de l’usine a nécessité environ deux ans de travaux chiffrés à près de 1 M$.

Cidrerie Milton fait justement partie des premières cidreries en Amérique du Nord à automatiser ses récoltes grâce à l’achat d’une récolteuse venant d’Angleterre.

Cet ajout était devenu une nécessité face aux difficultés à recruter des travailleurs étrangers temporaires. « Parfois, on devait laisser de bonnes pommes dans les champs parce qu’on n’avait pas assez de cueilleurs. Ainsi, en automatisant, on aura une plus grande récolte. […] On prévoit même aider d’autres opérateurs du Québec avec notre machine. C’est un de nos employés qui se rendrait sur place à chaque fois pour effectuer le travail », s’est-il exclamé.

S’adapter aux enjeux modernes

Pour ce qui est de la ligne de production de l’usine, c’est la phase finale du processus de mise en canettes qui est concernée par les travaux d’automatisation.

« Dans le fond, quand le paquet de canettes arrive [à la fin] et est clippé, il ne reste qu’à fermer la boîte. Avant, c’était des personnes qui mettaient les canettes dedans. Là, la boîte se forme par elle-même. […] Ça nous permet d’économiser en carton, en gaz à effet de serre (GES) et d’augmenter notre productivité », a indiqué Marc-Antoine Lasnier.

Dans la foulée des futurs projets de Cidrerie Milton, l’agrandissement des installations de l’usine d’embouteillage était initialement dans les cartons pour 2026. L’idée a toutefois été mise sur la glace pour l’instant, mais reste dans les priorités à moyen terme. Un investissement potentiel de 750 000 $, selon les projections de M. Lasnier.

La raison? L’espace actuel est trop petit pour entreposer les matières premières utilisées pour la conception des canettes, dont l’aluminium.

« Présentement, on utilise des services de location à d’autres endroits [pour ranger les matières premières], notamment dans le quartier industriel de Sainte-Cécile-de-Milton et dans un bâtiment de la Société des alcools du Québec (SAQ) près du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine », a-t-il fait savoir.

Enfin sortir de son cocon

Les produits de la PME sont seulement vendus au Québec. L’entreprise prépare actuellement un plan d’exportation qui serait effectif à compter de 2027. L’objectif premier était de commercialiser son cidre le plus populaire, le CID Rosé, à travers le Canada, tout en commençant par l’Ontario. Le projet a été refusé par la Régie des alcools de l’Ontario (LCBO, soit Liquor Control Board of Ontario) cependant. Ce qui a repoussé un peu le processus.

Après avoir conquis le pays, Cidrerie Milton compte exporter à l’international.

Cidrerie Milton soufflera ses 100 bougies l’an prochain, en plus de fêter les dix ans de son changement de nom (anciennement les Vergers de la colline). Des célébrations sont prévues pour l’occasion. L’entreprise n’a pas encore réfléchi à sa programmation spéciale, mais le fera au cours des prochains mois. L’entreprise planche déjà sur une programmation à la hauteur de son histoire.