Un projet de marché de proximité pour dynamiser Shefford
COMMUNAUTÉ. Charcuterie, bar laitier, café-sandwich, prêts-à-manger, vin, vente de fleurs, salle de réception. Les propriétaires de la ferme maraîchère La Croisée – Agriculture de proximité voient grand pour la petite grange située à l’intersection de la route 241 et du chemin Jolley. Avec ce projet d’envergure qui devrait voir le jour en octobre prochain, ils souhaitent doter Shefford d’un lieu combinant mini-épicerie et marché public. Deux choses réclamées depuis belle lurette par la population.
Plus concrètement, l’équipe de quatre copropriétaires, composée de Jonathan Auclair, Daniel Abraham, Marie-Élaine Boily et Chloé Ostiguy, veut mettre en place un concept de « marché de proximité » accessible à l’année.
« On parle de proximité dans plusieurs sens. Tout d’abord, nos fournisseurs viendront en grande partie de la région. Ensuite, le côté relationnel avec les producteurs avec qui nous travaillons. Puis, l’aspect communautaire du projet également, en plus des méthodes de production artisanales », a affirmé Marie-Élaine Boily.
De son côté, Daniel Abraham explique que les visiteurs d’un marché public « cherchent souvent à acheter le plus de produits possible » avant de terminer leurs emplettes à l’épicerie.
« Ça ne permet pas de profiter pleinement de l’expérience. Nous, on veut que les clients prennent le temps de découvrir tout ce qui est local, de faire leur épicerie ici et de voir les propriétaires [de la ferme], donc apporter un aspect humain précieux », a-t-il poursuivi, tout en confiant que l’entreprise contribuera à une forme d’économie circulaire, alors que les produits invendus seront transformés en prêts-à-manger.
Petite histoire
C’est en 2022 que Jonathan Auclair a acheté la vieille grange et mis sur pied sa ferme maraîchère et florale.
« Je nettoyais mes légumes dans le bâtiment. J’avais seulement laissé trois réfrigérateurs là [aussi pour des fleurs]. Les gens venaient sélectionner leurs légumes même si je n’étais pas présent et inscrivaient leur nom sur un cartable. Après, ils m’indiquaient si le virement était fait ou si l’argent comptant avait été déposé. […] J’ai tenté de laisser l’infrastructure dans son état d’origine afin de la sauver, notamment en relevant la fondation. Malheureusement, ça n’avait rien changé », a-t-il indiqué.
Auclair s’était finalement résigné à une seule option pour sauver la grange : la reconstruire entièrement, un chantier évalué à 1,3 M$. Lui et son équipe ont toutefois obtenu une aide financière de 150 000 $ du ministère des Affaires municipales.
Dans un coin tranquille
Le bâtiment, situé à mi-chemin entre Waterloo et Bromont, est isolé en montagne, loin des grands axes urbains. L’entrepreneur est bien conscient de cette réalité et des nombreux défis qu’elle comporte.
« La route 241 est très passante et il y a un nouveau quartier en développement à quelques kilomètres [à Bromont]. Ce sont deux éléments qui jouent à notre avantage. C’est certain qu’on va aller chercher les citoyens de Shefford qui auront enfin une première épicerie. […] Bon, pour ce qui est de la clientèle un peu plus éloignée [incluant Granby], c’est vraiment un enjeu. On ne va pas niaiser avec la communication et le marketing », a déclaré Marie-Élaine Boily, qui a souligné du même coup que l’équipe a reçu une aide financière de 50 000 $ du MAPAQ pour ce volet.
Une campagne de sociofinancement a été lancée afin de financer « les premiers achats auprès de nos fournisseurs », de disposer des liquidités nécessaires pour rémunérer les employés et assurer un fonds de roulement pour débuter.
« On a mis la majorité de l’argent dans la reconstruction. On a besoin d’un coup de pouce pour commencer avant que le projet fleurisse de lui-même », ont fait valoir les copropriétaires.
D’ici l’ouverture de la grange en octobre, une journée d’information est prévue le 26 juillet prochain à la ferme, de 10 h à 15h. Les personnes intéressées pourront rencontrer l’équipe, en savoir plus sur le projet, de même que sur la campagne de sociofinancement.
